La Commission nationale du débat public (CNDP) déconseille de préciser avant le grand débat les “lignes rouges” que le gouvernement n’entend pas franchir lors de cette consultation, dans son rapport de fin de mission, diffusé aujourd’hui.

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“Nous déconseillons fortement de préciser publiquement avant le débat les “lignes rouges”, c’est-à-dire les propositions que le gouvernement refusera quoi qu’il advienne de prendre en compte, et plus encore les sujets dont il ne veut pas débattre”, écrit la CNDP. La commission avait été saisie mi-décembre par le premier ministre pour préparer le débat.

“L’expérience de la CNDP lui permet d’affirmer qu’afficher une telle position avant l’ouverture du Grand Débat National en videra les salles ou en radicalisera plus encore les oppositions”, poursuit-elle. “Un débat qui ne permet pas d’aborder l’option zéro d’un projet, c’est-à-dire son abandon, est systématiquement un échec. Par contre, il ne vous sera jamais reproché de répondre négativement et de manière argumentée”, souligne-t-elle.

Dans sa lettre aux Français diffusée hier, Emmanuel Macron exclut notamment de revenir sur les réformes votées sur la fiscalité sur le patrimoine. En clair, sur la suppression de l’ISF, dont le rétablissement fait pourtant partie des demandes les plus fréquentes apparues dans les cahiers de doléances ouverts dans des milliers de mairies. Autre point non négociable pour le chef de l’Etat, la remise en cause du droit d’asile.

La publication du rapport marque, selon sa présidente Chantal Jouanno, la fin de mission de la CNDP. “Dès lors que le gouvernement a décidé de reprendre le pilotage du Grand débat national, la CNDP qui est une autorité neutre et indépendante n’y a plus sa place”, écrit-elle dans un tweet. 

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