Empêtré dans la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a appelé «le plus grand nombre de Français» à participer au grand débat national, qui «n’est ni une élection, ni un référendum», dans sa lettre aux Français diffusée ce lundi dans la presse et sur les réseaux sociaux, et dévoilée dès dimanche soir.

Il propose de baliser le débat autour d’une trentaine de questions, trace des lignes rouges, comme la suppression de l’ISF, mais ouvre la porte à des réformes importantes comme le référendum d’initiative citoyenne.

Deux ministres au pilotage…

Edouard Philippe devait préciser quant à lui les contours de la consultation dans un communiqué attendu ce lundi en deuxième partie de journée, après la défection de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno. 

Ce sont finalement deux ministres, Sébastien Lecornu, le Ministre chargé des Collectivités territoriales, et Emmanuelle Wargon, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui seront chargés d’oragniser le grand débat.

Emmanuelle Wargon sera chargée de l’organisation générale du débat et de la place de la société civile tandis que Sébastien Lecornu sera chargé de la place des élus.

… mais aussi deux personnalités

Ils ne seront pas seuls : Nicole Notat et Jean-Paul Bailly semblent avoir été désignés comme étant les “personnalités indépendantes” pour animer aussi le grand débat national, selon François de Rugy. La présence de la syndicaliste (ex-CFDT) et du dirigeant (ex-La Poste) n’est pas confirmée pour l’heure, a tempéré l’entourage du ministre.

Un acte IX très suivi

Les gilets jaunes ont montré samedi leur détermination en défilant plus nombreux – 84 000 dans toute la France contre 50 000 la semaine précédente, selon le ministère de l’Intérieur -, avec globalement moins de violence.

Quatre grands thèmes sont sur la table du grand débat : pouvoir d’achat, fiscalité, démocratie et environnement. Est exclue toute remise en cause de l’IVG, de la peine de mort et du mariage pour tous.

Mardi sur le terrain

Dès mardi, Emmanuel Macron éprouvera le débat en se rendant dans une petite commune de l’Eure, Grand Bourgtheroulde, aux côtés de 600 maires et élus de Normandie. Il multipliera ensuite les déplacements pendant deux mois pour inciter les Français à se saisir de l’opportunité de dialoguer et «rendra compte directement» du débat dans le mois suivant sa fin.

Selon de récents sondages, entre 32% et 41% des Français interrogés ont l’intention de «participer d’une manière ou d’une autre» au grand débat. Mais ils ne sont que 29% à penser qu’il aboutira «à des mesures utiles». Si l’approbation des Français pour les «gilets jaunes» est en baisse, elle reste majoritaire dans le pays.