Il y a 7 mois je vous indiquais sur le blog que le fabricant d’aspirateurs robots iRobot souhaitait s’associer avec des tiers afin de proposer une expérience domotique plus intégrée. L’idée de l’américain consistait à vouloir emmener la Smart Home vers une maison “consciente”. Tout un programme. Pour y parvenir, le partenariat consistait à mettre à disposition de partenaires industriels les cartes de votre logement que crée l’aspirateur robot en sillonnant votre intérieur. iRobot a annoncé avoir fait affaire avec un grand nom, une très grosse pointure : Google.

Les deux sociétés ont annoncé qu’elles travaillent désormais ensemble afin de permettre à Google d’exploiter les données spatiales générées par les robots aspirateurs d’iRobot. Le fait de déambuler de pièce en pièce dans le but de ramasser la poussière et les miettes permet en effet aux robots récents de iRobot de cartographier par la même occasion votre logement. L’accord passé permet à Google d’utiliser des données issues des cartes de votre maison afin de vous proposer des services plus riches pour votre  Smart Home.

Les deux sociétés déclarent que l’objectif derrière ces échanges est de rendre les maisons connectées plus “réfléchies” ou plus “conscientes” en exploitant le jeu de données unique collecté par iRobot: les cartes des maisons des clients. Les derniers Roomba d’iRobot créent en effet des cartes en combinant des données d’odométrie (mesurant la distance parcourues par les roues) et des images de caméra basse résolution. Les cartes résultantes peuvent être utilisées pour créer des scénarii de nettoyage personnalisés ou pour permettre aux utilisateurs de demander à leur Roomba d’aspirer des pièces spécifiques. Une intégration avec Google Assistant permet aux clients de donner des ordres tels que “OK Google, dis à Roomba de nettoyer la cuisine”. Il saura alors où aller cas sur la carte vous aurez donné un nom à chaque pièce de la maison.

Avec ce partenariat, les cartes peuvent donc être utilisées par Google pour localiser également des produits tels que l’éclairage connecté en Wi-Fi par exemple. Cela se fait en attribuant automatiquement des noms et des emplacements aux éclairages dans la chambre, la cuisine, etc…

Google tient cependant à indiquer qu’il n’a accès à aucune des informations 3D ou spatiales collectées par iRobot. En effet Google prends soin d’indiquer dans son communiqué que :

Tout comme pour l’attribution d’éclairage connectés ou d’autres appareils intelligents dans des pièces de la maison, l’assistant n’apprend que les noms que les gens ont donnés à des zones de leur maison, afin de pouvoir ensuite déployer l’iRobot i7 + dans cette zone, nous ne recevons aucune information sur la disposition de la maison ou sur l’emplacement respectives des zones.

Michelle Turner, directrice de l’écosystème de la maison intelligente de Google, explique que le rêve n’est pas simplement de créer une maison intelligente, mais aussi une «maison réfléchie» nécessitant moins d’informations de la part des utilisateurs et s’adaptant à leurs désirs et leurs besoins. «Nous pensons qu’une maison bien pensée a un contexte», déclare Turner, «et c’est une chose pour laquelle iRobot a fait un travail exceptionnel.»

Si Google indique que seuls les pièces et leurs noms seront communiqués sans autre but que de faciliter l’installation et le repérage des objets connectés dans la maison, de son côté iRobot se veut également rassurant en rappelant qu’il ne souhaitait utiliser les données spatiales recueillies par ses appareils que dans le but de rendre les produits intelligents plus faciles à utiliser. Les cartes des domiciles des utilisateurs créées par les Roomba sont bien envoyées aux serveurs de la société via le Wi-Fi du domicile. IRobot rappelle que les images basse résolution utilisées pour permette d’établir ces cartes (qui captent principalement des zones vagues de lumière et d’ombre) restent quant à elles sur l’aspirateur.

L’idée que Google utilise des données sur le domicile des utilisateurs va certainement en déranger plus d’un. Google n’a pas une réputation aussi mauvaise que Facebook en ce qui concerne les fuites de data et les atteintes à la confidentialité des données. Cela dit, si l’on remonte au mois dernier par exemple, la société a reconnu avoir exposé les données personnelles d’environ 500 000 utilisateurs de Google+. Ce fut l’occasion pour Google d’annoncer par la même occasion la fermeture prochaine de cette plate-forme… Nul n’est à l’abri de failles et de fuites.

Le PDG d’iRobot souligne que le partage de cette information avec Google n’est pas obligatoire et qu’il est soumis à l’autorisation explicite de l’utilisateur. Ce dernier aura la possibilité de revenir en arrière sur sa décision… Officiellement vous restez donc encore maître des données que les objets connectés (que vous laissez rentrer chez vous) peuvent s’échanger et communiquer. Ce choix vous appartient.

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