POLITIQUE – Et une nouvelle figure de la société civile en lice pour les européennes. L’essayiste Raphaël Glucksmann a confirmé ce vendredi sur France Inter sa candidature, à la tête d’une liste de rassemblement de la gauche qui pourrait recevoir ce samedi le soutien du PS.

“Moi je propose ma candidature pour être tête de liste”, a déclaré celui qui a fondé avec une vingtaine d’autres personnalités en novembre le parti Place publique. “Demain (samedi), je suis confiant que le Parti socialiste va nous rejoindre”, à l’occasion de son Conseil national, a-t-il ajouté.

Dans la foulée, France Inter a confirmé que sa compagne, la journaliste Léa Salamé, allait se retirer de l’antenne pour “éviter tout soupçon de conflit d’intérêt” après l’annonce de cette candidature.

Avec mais pas dans le PS

“Je ne rejoins pas le Parti socialiste, j’appelle toutes les forces qui défendent les mêmes principes à se rassembler et à s’unir”, a-t-il dit, en regrettant une nouvelle fois l’éparpillement des forces à gauche –Générations, EELV, PCF, LFI ont d’ores et déjà annoncé une liste en prévision du scrutin du 26 mai.

Le mouvement Place Publique, qui revendique 30.000 adhérents (sans cotisation) depuis sa création, avait justement été créé pour tenter de fédérer une gauche éclatée depuis l’effondrement de la présidentielle de 2017.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a accueilli favorablement l’annonce de M. Glucksmann. “Accepter la division de la gauche et des écologistes c’est accepter (le) face à face exclusif entre libéraux et nationalistes. Avec Place publique et tous ceux qui rejoindront cette démarche s’ouvre un chemin, celui des ‘combats communs’. Je demanderai demain aux socialistes de s’y engager”, a-t-il écrit sur Twitter. La maire de Lille, Martine Aubry, a apporté son soutien à Raphaël Glucksmann en appelant “tous ceux à gauche qui se battent pour une Europe sociale, écologique et démocratique” à se “rassembler derrière (s)a candidature” et à dépasser “les egos et les appareils”.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo avait apporté son soutien le 29 janvier à la démarche entreprise par Place publique, mouvement lancé par l’essayiste Raphaël Glucksmann, pour favoriser l’union des forces de gauche, saluant une “belle aventure” qui “crée beaucoup d’espoir dans toute une population qui se sent écolo, de gauche, sociale-démocrate, européenne, et qui a envie d’autre chose”.

Raphaël Glucksmann s’est dit “convaincu” que d’autres partis pourraient se joindre à cette “dynamique”, notamment Générations, le mouvement lancé par Benoît Hamon, candidat socialiste à la présidentielle 2017.

Hamon tire dans le tas, des socialistes aussi

Encore une fois, cette main tendue au reste de la gauche s’est soldée par un retour de flamme. Benoît Hamon a rejeté par avance vendredi matin sur RTL l’appel lancé par l’essayiste de 39 ans, qui avait contribué à l’écriture de son grand discours de Bercy pendant la campagne présidentielle. “Une voix en faveur d’une liste socialiste est une voix perdue pour la gauche”, a-t-il fustigé.

Même au Parti socialiste, la volonté de laisser la tête de liste au représentant d’une formation politique née il y a quelques mois fait grincer des dents. Sur Twitter, le sénateur PS Rachid Temal, qui avait soutenu Olivier Faure au congrès de Poitiers, s’est à nouveau dit favorable vendredi à une liste “socialiste ouverte à la gauche et à la société civile”, conduite par “une tête de liste socialiste”.

“On cède la tête de liste à Monsieur Glucksmann, que je ne connais pas, qui est sûrement quelqu’un de bien, mais ça me paraît très parisien. Au Mans, on ne sait pas qui c’est”, a tranché dans L’Obs l’ancien ministre Stéphane Le Foll, qui dit vouloir bouder le conseil national de ce samedi. Ambiance.

À voir également sur Le HuffPost:

[embedded content]