La mobilisation de la dernière chance? Quatre mois après la naissance du mouvement et au moment où s’achève le grand débat national, les gilets jaunes misent ce samedi sur un “regain de mobilisation” pour leur 18e journée à battre le pavé. Cet acte a été intitulé “l’ultimatum” par ses initiateurs, et son épicentre devrait se situer à Paris.

Éric Drouet, l’une des figures du mouvement, avait mis en garde au soir du 9 mars: “Maintenant, on va passer aux choses sérieuses: l’acte 18 arrive et ça, Macron, tu peux te méfier parce que ça va être un regain de mobilisation”.

Mobilisation en baisse

La date de ce samedi 16 mars est annoncée depuis quelques semaines comme une journée cruciale, et ce alors que le nombre de manifestants est désormais en baisse constante.

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, sans cesse contestés par les gilets jaunes, ils étaient 28.600 manifestants en France pour le 17e samedi de mobilisation, soit dix fois moins que les 282.000 du 17 novembre lors de l’acte inaugural du mouvement.

Nicolle promet une journée “mémorable”

Éric Drouet a invité ses sympathisants à converger vers la capitale: “On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais…”, évoquant même le renfort de sympathisants d’Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne. 

Maxime Nicolle, une autre tête connue des gilets jaunes, promettait une journée “mémorable”, “un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation”. Certains samedis de décembre et janvier ont donné lieu à des scènes d’émeutes urbaines, dont les images, notamment sur les Champs Elysées, ont fait le tour du monde.

“Des éléments radicaux vont se mobiliser”

À Paris, la préfecture de police relève “un retour au principe de non-déclaration des manifestations”, avec le “risque de cortèges ‘sauvages'”, puisque seul un rassemblement a été déclaré malgré les événements créés sur Facebook, dont un “Acte 18 – Ultimatum – La France entière à Paris”.

Il y a, selon une source policière, “des indications que des éléments radicaux vont se mobiliser à Paris”.

Le même jour, sont prévues à Paris plusieurs autres manifestations: la “Marche du siècle” pour le climat, une journée d’action des forains qui appellent les “gilets jaunes” à les rejoindre, ainsi que la “Marche des solidarités” contre les violences policières et le “racisme d’Etat”.

“Sortez, sortez, sortez le 16 mars”

Des rendez-vous ont été donnés aux abords de plusieurs gares de la capitale, ainsi qu’à la place du Châtelet, sur les Champs-Élysées… afin de “converger ensemble vers un même objectif: faire le siège de l’Élysée”.

Dans les Hauts-de-France, une dizaine de gilets jaunes marchent ensemble depuis dimanche en direction de Paris, suivis par leur voiture balai et encadrés par des gendarmes. Des actions sont aussi prévues en régions, de Bordeaux à Lyon en passant par Montpellier, Dijon ou encore Caen.

“Sortez, sortez, sortez le 16 mars”, a de son côté exhorté le député La France insoumise François Ruffin.

“Ultraviolents”

Interrogée, une source policière reconnaissait qu’il y avait “beaucoup de facteurs qui permettent d’envisager une mobilisation supérieure à celle des précédents samedis”.

Vendredi, le ministre de l’Intérieur a confirmé “une certaine inquiétude sur des ultraviolents qui pourraient se mobiliser mais nous serons présents partout où le risque peut apparaître”.

“Demain, nous serons extrêmement vigilants et totalement mobilisés, à Paris comme partout en France”, a affirmé Christophe Castaner, expliquant ne pas “mobiliser trop de forces de tel côté” pour se déployer “le plus rapidement possible”.