Lors de la manifestation des — F. Scheiber / SIPA

  • Quatre chercheurs du laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales viennent de publier leur deuxième rapport sur l’expression des « gilets jaunes » sur Internet depuis le début de la mobilisation.
  • Pour réaliser leur rapport, les chercheurs toulousains ont passé au crible grâce à un logiciel des centaines d’articles de presse et des milliers de posts, commentaires et tweets.
  • Selon leur étude, les « gilets jaunes » ont en commun leur hostilité pour Emmanuel Macron et la volonté de voir mis en place des référendums d’initiative populaire.

Les « gilets jaunes » font une fixation sur Macron. Que ce soit sur les plateaux de télévision, lors des manifestations ou lorsqu’ils postent un commentaire sur Facebook, le président est au cœur du ressentiment des citoyens descendus depuis trois semaines sur les ronds points et dans les rues de la France entière.

Ce constat, les chercheurs du laboratoire toulousain d’études et de recherches appliquées en sciences sociales (Lerass) de l’université Paul-Sabatier l’ont à nouveau fait en analysant, entre le 2 et 5 décembre, les 37 251 posts de la page Facebook « France en colère », dont l’un des animateurs est le très médiatique Eric Drouet. Plus de 2,3 millions de tweets ont aussi été passés dans la moulinette du logiciel Iramuteq, qui permet de connaître le lexique utilisé et ainsi de dégager les thèmes abordés.

Une seconde étude après un premier opus livré le 24 novembre et qui mettait en avant l’écart entre la perception des « gilets jaunes » par les médias et la réalité de leurs échanges.

Contre Macron pour un référendum

« Emmanuel Macron cristallise le rejet, ce qui n’apparaissait pas autant que ça dans la première étude que nous avons menée. Avant, les membres du gouvernement ou Edouard Philippe étaient aussi visés, là c’est clairement lui qui est désigné, et cette colère est étayée par des arguments », explique Brigitte Sebbah, l’une des chercheuses ayant participé au rapport.

Mais ce n’est pas le seul élément qui ressort de l’expression des « Gilets jaunes » au cours de la semaine qui vient de passer. La pensée politique de ces citoyens prend aussi une autre dimension. Qu’ils aient un cahier de doléances long comme le bras à soumettre à l’exécutif ou qu’ils soient partisans d’un changement de mode de gouvernance, type VIe République, « ces deux groupes ont en commun de demander un référendum d’initiative populaire », décrypte Brigitte Sebbah.

Mais si les « gilets jaunes » échangent énormément sur Facebook et Twitter, il y a aussi la partie immergée de l’iceberg que les chercheurs toulousains n’ont pas pu analyser. Car aujourd’hui, le mouvement se structure aussi à travers des discussions sur Messenger, WhatsApp ou Telegram. Là, sur ces services de messageries instantanées, les échanges se poursuivent et les appels à la mobilisation sont lancés.

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