Colère. Le chef de l’État s’est indigné du traitement médiatique réservé au mouvement des “gilets jaunes”, selon lui biaisé et manipulé par les extrêmes et l’étranger.
Emmanuel Macron n’est vraiment, mais alors vraiment pas content du travail des médias vis-à-vis de la crise des « gilets jaunes », et a tenu à le faire savoir. Dans une série d’articles de Paris Match, BFMTV, Le Figaro et Le Point, nourris de nombreuses citations du chef de l’État, il critique vertement la « naïveté » des médias, manipulés, selon lui par la « russosphère », très présente sur les réseaux sociaux. Parmi les éléments qui ont choqué Emmanuel Macron, figure en bonne place la vidéo tournée par l’ancien boxeur Christophe Dettinger avant de se rendre aux autorités pour avoir frappé des policiers.

« Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ! »

« Il ne faut pas se tromper. On est d’une naïveté extraordinaire. […] Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan », s’offusque Emmanuel Macron dans les colonnes du Point, critiquant à demi-mot une presse qui ne ferait pas l’effort de parler de « l’envers du décor » de la mobilisation et de son « abdication […] à faire [son] travail de hiérarchisation et d’analyse ». Ainsi, il regrette de voir les chaînes d’information donner autant de place à de simples citoyens qu’à des élus de la République. « Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député ! », lâche-t-il. Une nouvelle « petite phrase » qui ne devrait pas passer inaperçue. 

« Drouet, c’est un produit médiatique »

Toujours dans Le Point, le chef de l’État n’hésite pas à faire part du sentiment que lui inspire Éric Drouet, l’une des figures de la contestation, qui compte 300 000 abonnés sur sa page Facebook « La France en colère !!! ». « Drouet, c’est un produit médiatique, un produit des réseaux sociaux », explique-t-il avant d’ajouter : « Il y a eu une forme, aussi, de légitimation accélérée de ce qu’a été ce mouvement, qui est un problème ». Emmanuel Macron n’est guère plus tendre avec les médias, qu’il accuse ne pas s’être intéressés aux « différentes strates de ‘gilets jaunes’, la déconstruction de ce qu’est le mouvement, de ses influences, la déconstruction de ses influences extérieures ». 

Un mouvement « fabriqué » par les extrêmes

Le président de la République semble convaincu de l’influence russe sur le mouvement citoyen. « Les gens qui sont surinvestis sur les réseaux sont les deux extrêmes. Et après, ce sont des gens qui achètent des comptes, qui trollent. C’est Russia Today, Sputnik, etc. », indique-t-il, soulignant la prévalence de « la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère » sur les réseaux sociaux, qui représenteraient « 90% des mouvements sur internet ».

Il reproche ainsi aux médias de ne plus savoir faire le tri dans le flux incessant d’informations concernant les « gilets jaunes ». « De plus en plus, des chaînes d’information disent ‘ceci est important, ceci est légitime’ parce qu’il y a du mouvement sur internet. Ce mouvement est fabriqué par des groupes qui manipulent, et deux jours après, ça devient un sujet dans la presse quotidienne nationale et dans les hebdos », déplore-t-il. Reste à voir comment les médias visés accueilleront ces critiques.