L’ex-boxeur était jugé à Paris pour avoir violemment frappé deux gendarmes début janvier, en marge d’une manifestation des “giles jaunes”. Il a été condamné à un an de prison ferme et à 18 mois de prison avec sursis. 

Christophe Dettinger a été condamné à un an de prison ferme et à 18 mois de prison avec sursis. L’ex-boxeur “gilet jaune” était jugé à Paris pour avoir violemment frappé deux gendarmes début janvier, en marge de la huitième journée de mobilisation dans la capitale. 

Christophe Dettinger va être maintenu ce soir en détention, mais sa peine de prison ferme pourra être aménageable. “M. Dettinger, cela veut dire que ce soir vous dormez en prison. D’ici cinq jours, vous passerez devant le juge d’application des peines d’Evry, qui va mettre en place un régime de semi-liberté : vous dormirez en prison, mais vous pourrez continuer à travailler”, a expliqué la Présidente du tribunal. L’ex-boxeur a également l’interdiction de paraître à Paris pendant six mois.

Le procureur avait requis trois ans dont un de sursis avec mise à l’épreuve et demandé le maintien en détention du prévenu, pour un geste d’une “violence inouïe” contre deux gendarmes, dont l’un s’est vu prescrire 2 jours d’ITT et l’autre n’a toujours pas repris le travail, après 40 jours.

L’audience avait démarré avec la projection de vidéos amateur, devenues virales. Sur les images, ce père de famille de 37 ans, fonctionnaire territorial en Essonne, frappe un gendarme au sol puis assène une série de coups de poing à un gendarme sur une passerelle surplombant la Seine.

“Je cherche ma femme, je vois des coups de matraque de gendarmes donnés à des ‘gilets jaunes’. Bam, bam, bam. Je ne comprenais pas. Je vois une dame au sol, un coup de pied et un coup de matraque levée, c’est là que je me jette sur le gendarme et je tape”, a-t-il dit d’une traite, très calme.

Le procureur avait une tout autre version. “Vous avez des militaires qui ont dû tenir une position” et un homme qui “reste en première ligne, invective, serre les poings” et frappe : “Il est dans ce registre de la violence légitime, du justicier.” Au prévenu, il lancera : “il y a des règles dans la vie.” 

“Cela faisait huit manifs qu’il n’y avait pas de règle”, a rétorqué le prévenu, avant d’ajouter, encore, qu’il regrette. “J’aurais dû juste pousser.” Juste avant la délibération, Christophe Dettinger a adressé quelques mots au gendarme qui avait reçu ses coups : “Monsieur le gendarme, je suis coupable de tous les coups que j’ai pu vous porter. Je suis conscient que ça a pu vous toucher physiquement et psychologiquement et je n’en suis pas fier du tout.”

A la fin de l’audience, après l’annonce de la décisions, des soutiens de l’ex-boxeur lui ont adressé des mots d’encouragement : “On t’aime Christophe, ça va passer vite !”