A la veille d’un quatrième week-end de mobilisation des « gilets jaunes », les autorités se préparent à faire face à de nouvelles violences.

Le gouvernement a décidé de déployer un dispositif « exceptionnel », avec 89 000 membres des forces de l’ordre mobilisés dans tout le pays, dont 8 000 à Paris, pour tenter d’éviter les mêmes scènes d’émeutes que le samedi 1er décembre.

Lire le détail du dispositif 89 000 membres des forces de l’ordre, 12 blindés…, le dispositif de sécurité prévu samedi
  • « Les éléments radicaux vont à nouveau se mobiliser »

Alors que l’exécutif craint de nouvelles violences, le ministre de l’intérieur a donné une conférence de presse, vendredi 7 décembre, sur le dispositif de sécurité qui sera mis en place samedi. Christophe Castaner a refusé de dévoiler le dispositif précis qui sera adopté par les forces de l’ordre, pour ne pas renseigner les « casseurs ».

« Ces trois dernières semaines ont fait naître un monstre, qui a échappé à ses géniteurs », a-t-il également estimé. Si le mouvement ne rassemble plus qu’une « petite minorité » de quelque 10 000 personnes à travers la France, selon Christophe Castaner, « tout laisse à penser que les éléments radicaux vont à nouveau se mobiliser » samedi. Les autorités n’attendent « que quelques milliers de personnes [à Paris], mais dans ces personnes il y a des gens ultra-violents », a-t-il répété.

Les réponses de notre journaliste à vos questions sur le maintien de l’ordre
  • Des arrêtés préfectoraux pour éviter les engins incendiaires artisanaux

Plusieurs préfectures, dont la Gironde, la Creuse, la Vienne, la Charente-Maritime et la Vendée, ont interdit provisoirement la vente et le transport de carburant, d’engins pyrotechniques et de produits inflammables ou chimique. Des mesures du même type ont été prises en Seine-Maritime et dans le Loiret, où un arrêté vise également « la vente à emporter et le transport de boissons alcooliques ».

En milieu de journée, le préfet de Tarn-et-Garonne a annoncé la saisie de 28 cocktails Molotov « prêts à l’emploi » et de trois bombes artisanales sur un rond-point occupé par des « gilets jaunes », à Montauban. Une enquête a été ouverte par le procureur de la République pour « transport de substances ou produits explosifs ».

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a, lui, annoncé avoir pris des réquisitions afin de permettre aux policiers de contrôler et d’interpeller samedi des personnes venues « en découdre avec les forces de l’ordre ».

  • Le « gilet jaune » Eric Drouet visé par une enquête

Le parquet de Paris a, de son côté, ouvert une enquête pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit » et « organisation d’une manifestation illicite » contre, Eric Drouet. Cette figure des « gilets jaunes » avait appelé, sur le plateau de BFM-TV mercredi, à « rentrer » dans l’Elysée samedi.

Selon une source proche de l’enquête, il sera entendu dans le cadre de ces investigations et devra « préciser la portée des propos qu’il a tenus ».

  • Plainte contre Nicolas Dupont-Aignan

Le ministre de l’intérieur a, par ailleurs, annoncé son intention de porter plainte, « pour l’honneur » des forces de l’ordre mobilisées, contre le président du parti souverainiste Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan. Interrogé par « Quotidien » dans les couloirs de l’Assemblée mardi, ce dernier avait estimé que « [c’étaient] les petits casseurs de M. Castaner » qui avaient vandalisé l’Arc de triomphe le 1er décembre. « On verra si ce monsieur ose nous opposer son statut parlementaire. Il ajouterait alors la honte à l’indignité », a jugé M. Castaner après l’annonce de sa plainte.

Interpellations à Mantes-la-Jolie : Castaner insiste sur le contexte de « violences urbaines »

« Ce n’était pas un mouvement lycéen, mais de véritables violences urbaines. » Christophe Castaner, a réagi, vendredi, à l’interpellation, la veille, de 153 lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Une vidéo montrant des rangées d’élèves à genoux, mains sur la tête, sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers, a provoqué de nombreuses réactions indignées.

Comme l’avait fait son collègue de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, quelques heures plus tôt, M. Castaner a insisté sur le contexte ayant mené à ces interpellations. « Il y avait là une centaine d’individus encagoulés et armés de bâtons, avec la ferme intention d’en découdre avec les forces de l’ordre », a-t-il assuré, après avoir reconnu que les images étaient « dures ». « Ce sont des jeunes gens qui ne sont pas forcément des adolescents et des lycéens », a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse à Beauveau.