François Hollande, le 17 novembre 2018 à Lormont (Gironde) — UGO AMEZ/SIPA« Comme acteur politique qui a exercé le pouvoir, j’ai ma part de responsabilité ». François Hollande a esquissé un mea culpa au sujet de la colère exprimée par le mouvement des « gilets jaunes ».

Dans un entretien avec le quotidien belge Le Soir publié ce samedi, l’ancien président socialiste reconnaît avoir « forcément » une part de responsabilité mais critique cependant la gestion de la crise par son successeur Emmanuel Macron.

Une réponse trop tardive

L’ancien président de la République explique avoir ressenti, lors de ses déplacements dans toute la France, « qu’une colère lourde et sourde montait sur des sujets comme les injustices fiscales, la fracture territoriale, et la défaillance de la représentation politique ». Des problématiques exacerbées « d’une part, par les décisions malencontreuses prises depuis l’été 2017 en matière d’impôts, d’autre part, par un certain nombre de déclarations qui n’avaient pas toujours été bien comprises ».

Il estime également que « si cette protestation largement soutenue par l’opinion publique avait obtenu une réponse plus tôt, les débordements auraient pu être évités, tout comme la répétition des manifestations ».

« Rien ne justifie la violence (…). Ce mouvement a traduit une volonté de prise de parole et des revendications, dont beaucoup traduisent un besoin de reconnaissance et de dignité pour lesquelles il faut maintenant trouver un débouché », souhaite François Hollande.

Le grand débat, lancé à la mi-janvier par l’exécutif pour tenter de répondre à la crise, « peut être l’occasion d’étancher cette soif de participation, à condition que sa conclusion soit à la hauteur des attentes », prévient-il.

« Mon seul souci c’est d’être utile »

Interrogé sur son avenir politique, il répond : « je ne suis pas dans la perspective de revenir à la direction d’un parti ou de briguer une élection. Mon seul souci c’est d’être utile ».

François Hollande a rencontré à plusieurs reprises des « gilets jaunes » depuis le début du mouvement, critiquant au passage Emmanuel Macron qui fut son ministre de l’Economie.

Celui-ci l’avait accusé à mots couverts fin novembre de « cynisme » et d’être « sans doute plus à l’origine de la situation que nous vivons que le gouvernement » actuel.

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