Des émeutiers lors de la manifestation des «Gilets jaunes» à Toulouse, le 8 décembre 2018. — R. Gabalda / AFP

  • Scindée en plusieurs cortèges, la manifestation des « gilets jaunes » a viré à l’émeute à Toulouse, entre le pont des Catalans et Saint-Cyprien.
  • Plusieurs milliers de personnes ont défilé, dans l’ensemble pacifiquement, dans différents points de la ville, « gilets jaunes » et militants pour le climat mêlés.

Le quatrième acte de la mobilisation des « Gilets jaunes » à Toulouse a encore pris une dimension supplémentaire par rapport aux samedis précédents. Dans l’après-midi, « plusieurs centaines de casseurs », selon la préfecture de Haute-Garonne et d’Occitanie, ont sévi dans la Ville rose, en particulier entre Saint-Cyprien et le pont des Catalans. Devant le musée des Abattoirs, des manifestants ont monté des barricades enflammées, depuis lesquelles ils ont jeté des pierres.

Les émeutiers se sont servis sur l’immense chantier d’un hôtel en construction. Ils ont ensuite été repoussés par les forces de l’ordre vers la place Saint-Cyprien, et dans le secteur des Arènes où les affrontements continuaient dans la soirée, avec des actes de vandalisme.

Sur la rive droite de la Garonne, deux cortèges ont convergé avant de rejoindre la place du Capitole, où le marché de Noël a été fermé mais où la situation était calme en début de soirée. En revanche, de nombreux policiers étaient présents en haut des allées Jean-Jaurès, en face de la place Wilson.

A 20 h 30, la préfecture donnait un bilan provisoire de douze blessés, dont quatre parmi les forces de l’ordre, et de 38 interpellations de personnes «avec différentes armes [bombes artisanales, armes blanches, marteaux, gourdins, liquide inflammable…] ». Des magasins et agences bancaires ont été pillés.

Selon les autorités, 6.600 manifestants ont été recensés dans 25 sites, en Haute-Garonne, dont 5.500 à Toulouse.

« Il y a eu des poubelles brûlées, et les flics ont gazé les jeunes »

Une grande confusion a régné dès le début de la manifestation, vers 14 heures au niveau de la place Arnaud-Bernard. On pouvait alors apercevoir aussi bien des drapeaux français que du NPA, de Lutte ouvrière ou de divers syndicats, des banderoles en faveur de la marche pour le climat ou pour le référendum d’initiative populaire. De nombreux manifestants sont partis en direction de Compans-Caffarelli, et des détonations de grenades lacrymogènes n’ont pas tardé à retentir.

Le cortège s’est alors retrouvé coupé en deux par un mur de fumée. « Il y a eu des poubelles brûlées, et les flics ont gazé les jeunes », s’est emporté un manifestant. S’en est suivi un moment de flottement. « Forcément, comme il n’y a pas d’organisateurs, c’est flou », observait une militante CGT.

Des centaines de personnes, « gilets jaunes » et militants pour le climat mêlés, ont alors remonté pacifiquement les boulevards à l’opposé du gros de la manifestation, en passant par les places Jeanne-d’Arc et Wilson, jusqu’au monument aux morts, avant de bifurquer vers le Pont-Neuf. Bloqués par des policiers, les manifestants sont repartis vers Esquirol, où la tension a commencé à monter, puis en direction du Capitole.

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