La capitale est le principal lieu de rendez-vous pour ce 23e samedi de mobilisation. La police craint à nouveau la présence de casseurs dans les cortèges.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 09h13, mis à jour à 11h46

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Après une semaine marquée par l’incendie de Notre-Dame de Paris, les « gilets jaunes » comptent bien manifester, samedi 20 avril, dans les rues de la capitale et de plusieurs villes pour un nouvel « ultimatum » lancé à Emmanuel Macron. Pour leur acte XXIII, les manifestants se sont principalement donné rendez-vous dans la capitale alors que le chef de l’Etat souhaite dévoiler jeudi ses réformes tirées du grand débat, dont l’annonce avait été différée en raison de Notre-Dame.

Lire notre enquête : Cinq mois après le début du mouvement, qui sont les « gilets jaunes » ?

Quatre défilés sont prévus à Paris :

  • deux ont été autorisés, dont l’un doit partir de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour rejoindre le campus de Jussieu (dans le 5e arrondissement) ;
  • les deux autres, dont le trajet initial prévoyait un départ depuis le secteur de Bercy, dans l’est de la capitale, pour rejoindre les Halles ou la place de l’Etoile, ont été interdits.

Notre journaliste Aline Leclerc suit un défilé non autorisé, qui part depuis le secteur de la gare du Nord (10e arrondissement) pour se rendre dans le quartier de la Madeleine (8e arrondissement) à la mi-journée. Le cortège d’une centaine de personnes est encadré par des forces de police en nombre. Les policiers leur demandent d’enlever leurs gilets jaunes et de rejoindre les manifestations déclarées en préfecture.

Fait nouveau à Paris, le préfet de police a interdit tout rassemblement aux abords de la cathédrale de Notre-Dame où certains « gilets jaunes » voulaient converger. Cela serait de « la pure provocation », a déclaré Didier Lallement. « Il n’est pas raisonnable de faire passer des manifestations de 5 000 à 10 000 personnes dans la proximité de Notre-Dame », a expliqué le préfet, évoquant les milliers de touristes ou simples badauds qui continuent d’affluer chaque jour pour se recueillir devant l’édifice.

Lire nos informations : Y-a-t-il eu fichage des « gilets jaunes » blessés lors des manifestations ?

60 000 policiers et gendarmes mobilisés

Comme lors des récentes semaines, les autorités ont également interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes – les Champs-Elysées à Paris, l’hypercentre lyonnais ou la place du Capitole à Toulouse – par crainte des débordements qui avaient notamment émaillé le premier « ultimatum » le 16 mars. Les « casseurs se sont à nouveau donné rendez-vous demain, dans certaines villes de France, à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux et en particulier à Paris », a affirmé vendredi le ministre de l’intérieur. Christophe Castaner a par ailleurs fait savoir que plus de 60 000 policiers et gendarmes seraient mobilisés dans tout le pays.

Le trafic du métro parisien est par ailleurs fortement perturbé samedi, la préfecture ayant ordonné à la RATP d’interrompre partiellement le trajet de certaines lignes. Les lignes 1, 6, 8, 9, 12 et 13 sont concernées. Certaines stations sont quant à elles totalement fermées, les trains y passant sans marquer l’arrêt. C’est notamment le cas des stations Charles-de-Gaulle-Etoile, Madeleine ou Opéra.

L’ampleur de la participation sera scrutée avec attention à l’issue d’une semaine où l’incendie de la cathédrale a relégué au second plan la mobilisation des « gilets jaunes », qui réclament depuis cinq mois plus de pouvoir d’achat et davantage de démocratie directe. Sur Facebook, certains disent espérer pouvoir concilier le respect de « l’émoi national » suscité par Notre-Dame avec la dénonciation de la politique du chef de l’Etat, dont ils réclament la démission depuis le 17 novembre 2018, premier samedi de mobilisation.

Samedi dernier, les manifestations des « gilets jaunes » avaient rassemblé 31 000 personnes, dont 5 000 à Paris, selon les chiffres officiels, contestés par les manifestants.

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