Gérald Darmanin cible « le risque terroriste d’origine sunnite » – Le Figaro

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« Le risque terroriste d’origine sunnite demeure la principale menace à laquelle est confronté notre pays. » Dans son discours au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ce lundi, le ministre de toutes les polices, Gérald Darmanin, n’a pas seulement pris soin de désigner l’ennemi public numéro un des Français. Il était soucieux d’apporter son soutien aux hommes et aux femmes qui œuvrent sans relâche pour empêcher de nouveaux drames..

Il s’exprimait à la veille du procès qui débute ce mercredi à Paris pour juger des attentats du 7 au 9 janvier 2015 qui visèrent d’abord la rédaction de Charlie Hebdo, puis les clients et le personnel de l’Hyper Cacher de Vincennes, sans oublier la police municipale de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe.

Un chiffre illustre le bilan des agents de « l’ombre » : « Depuis 2013, 61 attentats ont été déjoués, dont 32 depuis 2017 ; au début de l’année encore, un projet d’ampleur a été déjoué », s’est félicité le premier flic de France. Il a aussi rappelé que « depuis 2017, ce sont dix attaques qui ont abouti, sur le territoire national, à la mort de vingt personnes ».

À l’entendre, l’État islamique avait « anticipé sa défaite, en ­adaptant sa structure, en assumant un ­retour à la clandestinité ». Cette organisation terroriste a toujours une capacité de projection. Et le ­ministre de citer les « tentatives ­d’exfiltration de ses combattants, qu’ils soient originaires de France ou tentent de s’y installer de manière ­irrégulière ». L’immigration clandestine reste un vecteur possible, même si « les flux migratoires se sont réduits par rapport aux années ­2015-2016, et que les criblages mis en place par l’administration ont considérablement resserré ce que l’on ­appelle les mailles du filet », ­estime Darmanin.

Au parquet de Paris, un magistrat spécialisé l’assure : « L’État ­islamique a conservé une fortune ­co­lossale et n’a rien perdu de sa ­détermination. » Mais l’hôte de Beauvau croit plus encore à la menace « dans nos murs », celle « nourrie par la propagande des groupes terroristes, inspirée par les vétérans du djihad, mais également par l’emprise des tenants d’un islam radical s’efforçant » d’avoir la main «sur nos quartiers ».

Selon lui, « la menace représentée par des individus adeptes d’un islam radical, sensibles à la propagande, mais non nécessairement liés à un groupe constitué, devient un défi croissant pour les services de renseignement qui assurent aujourd’hui le suivi de 8 132 individus inscrits au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). »

Le défi sécuritaire est majeur pour les services de renseignement

Gérald Darmanin

Par ailleurs, la menace des sortants de prison n’a jamais été aussi forte. « À ce jour, 505 détenus terroristes islamistes en lien avec la mouvance islamiste » sont recensés, auxquels s’ajoutent, selon le ministre, « 702 détenus de droit commun susceptibles de radicalisation ». Il poursuit : « Le défi sécuritaire est majeur pour les services de renseignement. En 2020, les prévisions de libération sont évaluées à 45 détenus condamnés pour des faits d’association de malfaiteurs terroristes (…). Ce chiffre connaîtra une nouvelle hausse en 2021 avec la sortie prévisionnelle de 63 terroristes islamistes condamnés. »

Difficile d’être plus clair : sans la loi expérimentale sur le terrorisme votée en 2017, impossible d’être pleinement efficace. Grâce à elle, «532 périmètres de protection ont été mis en place, 7 lieux de culte ont été fermés, 312 mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance ont été notifiées, dont d’ailleurs 65 sont encore actives à ce jour » et « 170 visites domiciliaires ont été réalisées », dont plus d’un tiers ont eu des suites judiciaires, s’est réjoui Gérald Darmanin.

Seulement voilà : ce texte valable jusqu’au 31 décembre, fait l’objet d’une prolongation d’un semestre qui n’a pas encore été votée par le Sénat. Il devra de toute façon être évalué passé ce délai ultime. Or le Conseil constitutionnel ne plaisante pas avec les mesures privatives de liberté. La proposition de loi instaurant des mesures de sûreté pour les détenus islamistes sortant de prison en a fait les frais le 7 août. Le système de sécurité nationale aimerait éviter un nouveau revers.

À voir aussi – Gérald Darmanin: «702 détenus de droit commun sont susceptibles de radicalisation»

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