Emmanuel Macron n’a reculé devant rien pour réussir « son » G7. Pas même à organiser in extremis un dîner spectaculaire au pied d’un phare, comme pour inviter ses convives à prendre de la hauteur. Depuis la pointe Saint-Martin, au coucher du soleil, les dirigeants arrivés pour participer au sommet ont pu contempler la vue époustouflante de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Tout au long de la journée, le chef de l’Etat l’a beaucoup répété, à ses équipes comme aux Français qu’il a croisés : « le monde entier nous regarde ». Alors pas question de laisser la moindre ombre obscurcir le tableau.

La Maison-Blanche tarde à confirmer l’horaire de son rendez-vous avec Donald Trump, initialement prévu dimanche ou lundi, pourquoi ne pas forcer les choses? Le président américain vient à peine d’arriver dans le hall de l’hôtel du Palais, ce samedi, quand il croise son homologue. Juste avant de décoller, Trump a encore menacé d’augmenter les tarifs douaniers des vins français en représailles à la mise en place de la taxe sur les géants du numérique. Les salutations sont pourtant chaleureuses. Et le Français en profite pour lui proposer un déjeuner improvisé, là, maintenant. « OK, OK », répond Trump.

Après deux heures passées à table, « The Donald » s’empresse de faire un compte rendu sur son réseau social fétiche. Un mois après les noms d’oiseaux visant Macron, le ciel semble plus clair. « Je viens de déjeuner avec le président français. Beaucoup de bonnes choses se passent pour nos deux pays », tweete-t-il. Sous-entendu : sur l’Iran, la taxe Gafa ou encore le climat, les différends demeurent, mais l’Américain semble disposé à mettre l’accent sur les points d’entente et, surtout, à faire baisser la tension avant d’entrer dans le vif des négociations. Y compris sur les incendies qui ravagent l’Amazonie.

Faire de la pédagogie

Macron, qui rêve d’endosser le costume du chef de file des dirigeants « raisonnables » face aux leaders populistes, aura largement dramatisé les enjeux de ce G7 sous tension. Ce samedi, le chef de l’Etat a de nouveau enjoint les participants au sommet à se saisir de cette « crise internationale » en Amazonie. La veille, il avait dénoncé un « écocide » et annoncé que le dossier des incendies dans la forêt amazonienne serait au menu du G7.

Cette fois, depuis Biarritz, il s’est adressé directement aux Français, lors d’ une allocution télévisée en direct. L’occasion d’expliquer solennellement les enjeux de cette rencontre et de faire de la pédagogie en soulignant les conséquences directes des crises sur le quotidien de chacun, qu’il s’agisse de la sécurité au Moyen-Orient ou de l’économie mondiale. Il veut que ce sommet soit « utile », a-t-il répété.

Ce volontarisme affiché suffira-t-il à trouver des solutions concrètes alors que les membres du G7 sont très divisés ? Le bilan du sommet, Macron le tirera lui-même, lundi soir sur France 2. Il promet de « rendre compte » de ce qui aura été obtenu. Une manière de s’attribuer la responsabilité des réussites… comme des échecs.