Foule des grands jours ce matin dans le chic huitième arrondissement parisien. Free présente une nouvelle box censée ranimer la croissance en berne depuis quelques trimestres de l’opérateur télécom. Une salle comble fait une ovation à Xavier Niel et les dirigeants de Free qui pendant 50 minutes assurent le show. L’enjeu ? Remettre Free au centre de l’attention en proposant une box en rupture avec les usages classiques du triple play (Internet+téléphone+TV).

Une nouvelle Freebox pour Xavier Niel.

“Nous ne faisons plus de téléphone fixe. En revanche, les usages mobiles explosent, tout comme le streaming” lance Xavier Niel. Sa nouvelle box, baptisée Freebox Delta, se doit donc de répondre à ces nouvelles attentes du marché. “Nous avons inventé quelque chose de différent et d’indéfinissable” dit-il aussi.

Et c’est vrai.

La machine a une forme triangulaire et ovoïde. Son designer est l’anglais Jasper Morisson. La Freebox Delta se compose de deux éléments distincts, tout comme la précédente box Révolution. Première partie de l’attelage, le Freebox Server, qui permet de connecter la box à l’Internet.


 

Le Player à gauche, et le Server à droite.  A noter que la recharge sans fil permet de recharger la télécommande de la Freebox, mais aussi n’importe quel appareil équipé du dispositif Qi.

Un Freebox Server totalement refait

Première innovation, l’agrégation du xDSL et la 4G pour obtenir jusqu’à 200 Mbps de débit descendant dans les zones qui ne sont pas fibrées. Free assure être le seul  opérateur au monde à proposer cela aux 22 millions d’abonnés xDSL de l’Hexagone. Au maximum, cela devrait permettre de disposer d’un débit descendant jusqu’à 200 Mbit/s et un débit montant jusqu’à 60 Mbit/s.

Et pour les chanceux (souvent urbains) qui ont la fibre FTTH, Xavier Niel va proposer via ce nouveau boitier la Fibre 10 Gbps (et un débit montant de 400  Mbit/s). Une offre accessible aux 10 millions de foyers éligibles à la fibre que Free opère. Le cas d’usage proposé par Free est le suivant : le téléchargement d’un fichier de 4 Go  prend 4 secondes avec ce débit, contre un peu moins de deux minutes avec un débit de 300 Mbit/s. Et le gain en upload est également considérable.

Résumé des possibilités offertes par la nouvelle Freebox côté Server.

Le Free Server est également doté de connexions sans fil et filaires.

Le WiFi 802.11ac 4400 tri-band MU-MIMO est présent, et promet de pouvoir connecter de nombreux appareils sans subir de décrochage de débit.

Côté filaire, on trouve :

  • 1 port SFP+, 10 Gbit Ethernet
  • 4 ports Gigabit Ethernet
  • 2 ports USB type C 3.0   
  • 1 port USB 3.0  
  • 1 port téléphonique RJ11
  • 1 base DECT
  • 1 lecteur NFC

Côté stockage, un serveur NAS (Network Attached Storage avec RAID 0, 1, 5 ou 10) de 4 slots avec un disque de 1 To inclus est présent. A noter que les disques (stockage max 20 To), contrairement au Freebox Server, sont la propriété de l’utilisateur.

Une Freebox Player radicalement nouveau

Second élément de la Freebox Delta, le Player Free Devialet. Et Free propose une rupture côté son, avec Devialet, et côté image, avec la possibilité via un tuner intégré de diffuser du 4K HDR.

Free s’est associé avec le fabricant de haut parleur très haut de gamme Devialet pour proposer ce qu’il convient de nommer une enceinte connectée.

Une enceinte puisque le Player Free Devialet, avec ses 6 hauts-parleurs, “est l’équivalent d’un home cinéma 5.1” assure Free. “0 distorsion, 0 saturation, 0 souffle” annonce Franck Lebouchard, le patron de Devialet.

Une enceinte connectée puisque l’assistant vocal Alexa d’Amazon est présent sur la machine d’une part. 4 microphones activables via un bouton physique permettent d’accéder aux services de la box (lancer de la musique et régler le volume par exemple) mais aussi à ceux présents via les skills développés par Amazon (prévisions météo, état du trafic routier,…). La Freebox Delta intègre également son propre service d’assistant vocal, OK Freebox, conçu pour piloter des services TV et multimédias de la Freebox à la voix.

D’autre part, l’enceinte permet d’accéder à des services de streaming via le Bluetooth.

Un prix à décortiquer

Le player vaut 480€. En plus de l’abonnement au service. Oui. Vous pourrez l’acheter cash au moment de la souscription, ou décider de le financer à hauteur de 10€ par mois pendant deux ans. 10€ à rajouter au 50€ de la souscription à l’abonnement.

Dans le détail vous devrez payer :

  • 29,99€/mois pour le forfait Freebox Delta
  • 5,99€/mois pour la mise à disposition de la boucle locale
  • 2,99€/mois pour Freebox TV
  • 24,90€/mois pour le bouquet TV by Canal Panorama
  • 7,99€/mois pour le forfait Netflix Essentiel
  • 9,99€/mois pour le bouquet presse LeKiosk

Soit 81,85€/mois. Free soustrait 31,86€/mois de ce montant pour parvenir à un tarif de 49,99€/mois. Plus les 10€ par mois du player donc, pendant deux ans.

“Notre nouvelle Freebox couterait des milliers d’euros si vous vouliez acheter séparément ce qu’il y a dedans” trompette Xavier Niel sur scène. “Nous sommes le seul opérateur a associer du hardware et du software, et dans 8 ans (ndlr. la précédente génération de Freebox datait de 2010) cette nouvelle Freebox sera encore d’actualité”.

Côté connectique et infrastructure, le Player Freebox Delta dispose de :

  • 2 ports Gigabit Ethernet
  • 1 entrée S/PDIF
  • 1 prise HDMI 2.1 et e-ARC 
  • Des ports USB-C 3.0
  • 1 entrée TNT DVB-T2
  • WiFi 802.11ac 2×2 MU-MIMO
  • Bluetooth 4.1
  • Lecteur NFC
  • Recharge sans fil Qi (pour recharger la télécommande ou un smartphone compatible en les posant sur le Player)
  • Dolby Audio
  • Processeur Qualcomm Snapdragon APQ8098
  • Une surface tactile pour contrôler le son 

Voilà pour l’architecture technique et les fonctionnalité matérielles.

Des services orientés VOD et 4K (et oui, Netflix est là)

Mais Free pousse aussi des services. Dont le catalogue de Canal VOD. Oui, il faut bien trouver de la 4K HDR à vendre ou à louer ! A noter aussi pour les utilisateurs fibrés qu’il sera possible de recevoir des flux HD à 15 Mbit/s (cela sera aussi possible pour les abonnés Freebox mini 4K et Freebox Révolution.

La surprise vient néanmoins de l’accord qu’a passé Free avec Netflix. Netflix est désormais installé sur la box, et l’offre Essentiel (en SD), est intégrée à l’abonnement.

Enfin, une offre intégrée permet de consulter plus de 1.000 titres de presse quotidienne et magazine sur ordinateur, smartphone et tablette.

Free s’attaque au marché de la domotique

Au delà des services musicaux et vidéos, voici peut être la partie la plus innovante de cette nouvelle Freebox. Car pour la première fois Free s’aventure dans le domaine de la domotique. D’abord avec des accords avec Somfy et Philips Hue, pour contr^ler les stores et les lumières avec la box (et votre smartphone).

Le Pack Sécurité de la nouvelle Freebox.

Mais aussi via un Pack Sécurité. Il est composé d’une caméra à vision nocturne, d’un détecteur de mouvement, d’un détecteur d’ouverture de porte et de fenêtre, et d’une sirène 105 dB. Une connectivité Sigfox intégrée au Server permet la transmission d’alerte même en cas de coupure de courant ou de réseau. Et il est possible de visualiser les images de la caméra sur sa TV ou sur son smartphone.

Un système de détection des bruits suspects est également présent dans le Freebox Player. De quoi être alerté par exemple en cas d’un bris  de vitre ou d’alarme  incendie. Enfin, il est possible de faire intervenir si nécessaire un agent de sécurité afin de lever le doute sur une alerte. Un service proposé dans un abonnement à 2€/mois incluant deux interventions annuelles et 24h de gardiennage.

Freebox Delta, une bouée à la mer

En cas de succès, la Freebox Delta devrait permettre en grande partie à Free de redresser la barre. Lors de la présentation de ses derniers résultats financiers, Free a enregistré de nouvelles pertes, avec 14.000 clients en moins. Ses recrutements dans la fibre ont atteint un record sur la période avec 100.000 nouveaux clients. Mais ceci est mineur au regard de ce que réalise Orange dans le secteur.

Ces nouvelles pertes sont aussi la conséquence de la compétition acérée plus globalement sur le marché français des télécoms, menée par SFR. Free accuse une baisse trimestrielle de 2,1% de ses revenus en France à 1,19 milliard d’euros.