Prévu pour le 6 mars prochain, Captain Marvel est attendu de pied ferme par les amateurs de héros Marvel. Vous ne le saviez peut-être pas, mais les péripéties de Carol Danvers se déroulent pendant les années 90.

Anna Boden et Ryan Fleck, qui s’occupent de réaliser le film, semblent avoir pris un vrai plaisir remettre en scène une décennie que nombre de nos lecteurs ont connu. Pour l’occasion, on vous a compilé une petite liste chronologique (suivant les sorties françaises) des films des science-fiction les plus cultes de cette période.

Alors que la décennie commençait à peine, James Cameron réussit avec Terminator 2 un tour de force mémorable. Il donne non seulement une leçon d’effets spéciaux et de mise en scène à tous ses contemporains, mais il réussit également à faire mieux que le premier opus, qui était déjà considéré comme culte.

Ce dynamitage en règle du film d’action continue d’asseoir la popularité d’Arnold Schwarzenegger, qui triomphe déjà dans l’excellent Total Recall de Verhoeven l’année d’avant. Près de trente ans plus tard, le film garde un impressionnant panache.

S’il a été plus ou moins conspué par son propre réalisateur, Alien 3 reste un épisode emblématique de la saga. Après un Aliens, le retour impressionnant, mais nettement plus porté sur l’action, le jeune David Fincher tente un retour aux sources de la saga. Entièrement rasée et entourée de bagnards pour le moins rugueux, Ripley doit une nouvelle fois affronter le xénomorphe dans une atmosphère claustrophobique.

Cet épisode est également le premier à utiliser des images de synthèse (dans certaines scènes) pour donner vie à la bête.  La prestation de Sigourney Weaver reste mémorable, et la pose définitivement comme une des héroïnes les plus badass du cinéma. Un opus qui divise, mais qui ne peut être ignoré.
JURASSIC PARK, 1993. ©Universal/courtesy Everett Collection
Cameron avait révolutionné le film d’action en 1991, et Spielberg lui rend la pareille deux ans plus tard en visant le très grand public. Jurassic Park fait désormais partie des meubles, mais la découverte de ces dinosaures plus vrais que nature dans les salles obscures aura marqué plus d’une génération.

Les enfants bien sûr, qui partagent bien souvent un vif intérêt pour le sujet, mais aussi leurs parents, qui ont assisté abasourdi à une page de l’histoire du 7e art. En utilisant à merveille la technologie de l’animatronique, le réalisateur américain semble donner vie aux squelettes des musées d’histoire naturelle du monde entier. Le tout sur la musique de John Williams… Comment revient-on en arrière déjà ?

Si Terry Gilliam s’était fait un nom dans les années 80 grâce aux remarqués Brazil et Les Aventures du Baron de Munchausen, il règnera aussi sur la décennie 90 grâce à deux longs-métrages marquants : Las Vegas Parano et L’Armée des Douze Singes. Ce thriller de science-fiction porté par un Bruce Willis impeccable met en scène un futur apocalyptique, où 99% de la population a été décimée par une maladie. James Cole, un prisonnier asocial, est choisi pour effectuer un voyage dans le temps afin de découvrir les causes de la pandémie.

Un périple à travers les époques qui va lui faire rencontrer des personnages hauts en couleur comme Jeffrey Goines (joué par un jeune Brad Pitt étonnant) ou le docteur Kathryn Railly (Madeleine Stowe). Gilliam fait une nouvelle fois preuve d’une grande inventivité et livre quelques plans complètement baroques tout en contrôlant sa narration. Un film plein de malice, qui n’a pas vieilli.
Si Independance Day n’est pas un film de qualité similaire à ceux du reste de la liste, son aura a marqué durablement cette décennie. Roland Emmerich livre ici un film d’action débridé qui offre un rôle marquant au jeune Will Smith, qui triomphera dans Men in Black une année plus tard. Le long-métrage narre l’histoire d’une gigantesque invasion extra-terrestre. Des soucoupes volantes se placent au-dessus des plus grandes métropoles du monde et semblent observer nos mouvements. Lorsqu’un informaticien découvre que leurs intentions sont loin d’être amicales, la résistance s’organise.
Le film reste célèbre pour la scène de destruction de la maison blanche, qui lui avait assuré une promotion énorme. Les effets spéciaux étaient impressionnants à l’époque, mais ont tout de même perdu de leur superbe. La version explosive de Rencontre du Troisième Type.

Après le choc ayant précédé la sortie d’Akira, le grand public s’intéresse de plus en plus aux anime, comprenant que ces derniers peuvent retranscrire des mondes matures et réalistes. Sortie en 1997 en France, Ghost in the Shell continue de poser les jalons du genre cyberpunk, qui intègre des scènes d’action haletantes, mais également une réflexion poussée sur les dérives de la société informatisée.

Réalisé par le talentueux Mamoru Oshii et le studio d’animation Production I.G, le film donne vie à l’univers créé par Masamune Shirow. Alors que Windows 95 se démocratise à peine, les spectateurs plongent dans un futur aussi fascinant qu’effrayant, où la frontière entre robots et êtres humains devient de plus en plus mince. Il y a deux ans, on vous en parlait dans un dossier spécial qu’on vous recommande chaudement. Un classique intemporel.

Injustement boudé par le public qui se rend alors en masse dans les salles obscures pour voir Titanic, Dark City est pourtant considéré comme une référence de la science-fiction. Alex Proyas, qui s’était fait connaitre avec The Crow, livre ici un film qui partage de nombreuses similitudes avec un certain Matrix. Le long-métrage lorgne en revanche beaucoup plus sur le fantastique comme le prouve sa direction artistique assez unique, qui fait penser à un Metropolis gothique.

Recherché pour une série de meurtres horribles, John Murdoch se réveille sans aucun souvenir. Traqué par un inspecteur laborieux et des êtres humanoïdes étranges, il s’enfuit dans les méandres d’une ville labyrinthique, constamment plongée dans la nuit. Alors que sa mémoire refait surface, il n’arrive plus à distinguer la réalité de l’illusion… On vous laisse (re)découvrir la suite !

La science-fiction, ce ne sont pas que des robots et des extra-terrestres ! Et The Truman Show nous l’a rappelé de fort belle manière. Sur un scénario brillant d’Andrew Niccol, Peter Weir offre un rôle en or à Jim Carrey, qui livre probablement sa plus éclatante performance. Il y incarne Truman Burbanks, un sympathique agent d’assurance dont l’existence modèle fait penser à une parfaite publicité. Mais malgré cette petite vie rangée, il a parfois l’impression qu’on l’observe et que ses proches agissent de façon de plus en plus étrange.

Grâce à sa mise en scène ingénieuse, qui nous rend complices de la supercherie sur laquelle est basée le film, Weir nous divertit en même temps qu’il nous fait la morale. Un numéro d’équilibriste mené tambour battant jusqu’à un final qu’il est difficile d’oublier.

Comment ne pas évoquer Matrix dans ce classement ? Le film des frères Wachowski a clôturé la décennie 90 de façon absolument spectaculaire, en proposant un savant mélange des genres. À la fois film d’action débridé et fable philosophique, le long-métrage a réussi à imprimer une patte visuelle unique dans le cinéma de science-fiction américain.

Un exploit rendu possible grâce à une utilisation astucieuse des effets spéciaux (ralenti, bullet-time etc…), inspirée notamment des films de combat hongkongais. Ou comment allier baston et réflexion !