TEST – Le Figaro a pu tester en avant-première la version de 12,9 pouces du millésime 2018 de la tablette professionnelle d’Apple. Design, taille, performances… Elle peut intéresser les utilisateurs à la recherche d’une alternative à l’ordinateur portable, au téléviseur portatif ou à la console de jeux mobile.

Belle surprise que ce nouvel iPad Pro dont nous avons pu tester en avant-première la version de 12,9 pouces.

Son profil rectiligne, qui rappelle celui de l'iPhone 4, renforce l'impression de finesse et de légèreté de l'appareil Son profil rectiligne, qui rappelle celui de l’iPhone 4, renforce l’impression de finesse et de légèreté de l’appareil Apple

L’évolution porte naturellement sur certains équipements, mais aussi sur le design de l’objet, un changement majeur depuis la première tablette d’Apple en 2010. On a du mal à ne pas laisser échapper un «waouh» quand on allume la première fois ce beau joujou de 21,5 x 28 cm. L’écran géant LCD présente les mêmes dimensions que celui de l’iPad Pro de l’an dernier, mais il occupe pratiquement toute la surface, ne laissant qu’une mince bordure noire sur les côtés avec des angles élégamment arrondis. En main, on sent que le nouveau venu est plus léger que son prédécesseur (630 g contre 677g). D’ailleurs, son profil rectiligne, qui rappelle celui de l’iPhone 4, renforce l’impression de finesse et de légèreté de l’appareil.

Fini le bouton d’accueil, bienvenue la reconnaissance faciale

On remarque immédiatement que, comme sur les iPhone de la série X, le bouton d’accueil a disparu. Il faut donc recourir aux mêmes gestes que sur le téléphone d’Apple pour naviguer dans l’interface. Ce qui ne pose pas de problèmes pour les habitués et demandera un petit temps d’adaptation pour les autres. L’absence de bouton d’accueil a condamné le capteur d’empreintes digitales. C’est donc la reconnaissance faciale qui permet de déverrouiller l’appareil. Avec un procédé plus astucieux que sur l’iPhone: quelle que soit l’orientation de la tablette, la caméra 3D réussit toujours à analyser le visage alors que sur les iPhone X, XS et XR, l’identification est impossible quand on bascule le téléphone à l’horizontale. Et ça marche parfaitement, comme nous l’avons constaté.

Un superbe écran géant

L’écran qui affiche 2732 x 2048 pixels est toujours aussi agréable: la réactivité aux commandes tactiles est remarquable, les couleurs sont naturelles, toutes les opérations sont particulièrement fluide et rapide. On apprécie notamment le procédé ProMotion qui ajuste automatiquement la fréquence de rafraîchissement (jusqu’à 120 Hz) pour rendre plus fluides les défilements et les animations. Certes, Apple destine cet appareil aux pros, c’est-à-dire, pour la marque, tous ceux qui ont une activité créative: graphistes, photographes, dessinateurs, stylistes, architectes, musiciens, écrivains, etc. Mais l’iPad Pro reste une tablette incomparable pour des activités plus courantes. Consulter des pages Web, regarder des séries ou jouer prend une toute autre dimension avec l’écran géant. Surtout quand on s’aventure dans les jeux en 3D et les applications en réalité augmentée. Nous avons pu tester notamment un jeu développé par Lego, dans lequel on affronte des adversaires virtuels à l’écran en visant une maquette de château bien réelle. L’effet est bluffant avec la surface d’affichage de l’iPad Pro.

Même plaisir avec Plantale, un programme éducatif destiné à familiariser les enfants avec l’univers des plantes. On vise d’abord une table de la pièce puis on choisit sur l’écran un pot, contenant une graine de tournesol, qu’on fait glisser sur la table. L’élève devra arroser (virtuellement) la terre et lui ajouter de l’engrais pour voir le tournesol pousser, puis couper les feuilles infectées en cas de maladie. Mais surtout, il pourra se rapprocher pour découvrir en gros plan l’intérieur de la feuille, la structure des tissus végétaux, la conduction de la sève et des explications sur la photosynthèse. Même principe pour les racines: on voit apparaître en coupe sur l’écran les canaux affectés à la circulation de l’eau. Là encore, la taille de l’écran renouvelle l’expérience.

Apple

On constate à cette occasion que le système audio du nouvel iPad Pro a gagné en qualité. Équipé de quatre haut-parleurs (deux tweeters et deux woofers disposés de chaque côté), il produit un son clair et plutôt bien équilibré compte tenu de la taille de la tablette, avec un excellent effet de spatialisation.

Un stylet aimanté

Parmi les usages de l’iPad Pro, beaucoup passent par l’utilisation du stylet. Lequel stylet, vendu en option (135 euros), se présente dans une nouvelle version. Plus léger, il est aussi plus astucieux. Fini le périlleux système de recharge de la batterie par le connecteur Lightning: on le pose sur le bord supérieur de l’iPad, sur lequel il va s’aimanter, pour qu’il fasse le plein d’énergie. Il suffit de le laisser 45 mn pour qu’il se charge complètement. Le principe, qui rappelle celui adopté par Microsoft sur ses tablettes Surface, limite aussi les risques de perdre le stylet. Dommage: seul un côté de l’iPad dispose de la fixation magnétique, ce qui peut se révéler gênant si on veut utiliser la tablette tête en bas lorsque le stylet est au repos. Par ailleurs, il faudra prendre soin de le positionner sur sa tranche plate. Aussi agréable à prendre en main qu’un crayon, il dispose d’un accéléromètre et d’un capteur sur la tranche qui détecte quand l’utilisateur tape deux fois du bout du doigt, ce qui produit une action dépendante du réglage choisi: passer du crayon à la gomme et vice-versa, zoomer et dézoomer ou encore afficher et masquer la palette de couleurs. Amusant: quand on tapote sur l’écran éteint avec le doigt, c’est l’écran d’accueil qui s’affiche alors que si on réveille l’appareil avec le stylet, c’est l’appli de prise de notes qui apparaît automatiquement. Rien de nouveau, en revanche, concernant la résolution ou les degrés de pression, qui sont identiques à l’ancien stylet. Lequel ancien stylet est incompatible avec les nouveaux iPad Pro…

Un connecteur USB-C à la place du Lightning

Apple s’est enfin décidé à abandonner son connecteur Lightning par une prise USB-C. Une bonne idée. D’abord parce que ce standard est plus rapide: jusqu’à 10 Gbps contre 480 Mbps pour le Lightning, soit un débit 20 fois supérieur. Ensuite parce qu’il marque la fin des contraintes (et des royalties) imposées par Apple aux fabricants d’accessoires. Et surtout parce que l’USB-C est un standard ouvert: adopté par les grandes marques d’appareils électroniques, il offre la possibilité de relier toutes sortes de périphériques. Et avec l’iPad Pro, le choix est particulièrement intéressant. On pourra ainsi le connecter directement à des appareils photo, à des instruments de musique et même à des écrans pour afficher les images de la tablette dans une résolution de 5K.

Nous avons testé la liaison avec un iPhone en utilisant un câble USB-C – Lightning. Immédiatement, l’iPad Pro affiche une page d’accueil qui propose d’importer les photos du téléphone. Pratique! D’autant plus que pendant le transfert, l’iPad se met à recharger la batterie de l’iPhone. Plus étonnant: en essayant avec un smartphone Android, le système de recharge fonctionne aussi et on obtient également un aperçu des photos du téléphone, qu’on peut importer, pour peu qu’on choisisse sur cet appareil une liaison en mode PTP (Picture Transfer Protocol). Drôle d’impression de voir apparaître sur l’écran géant de la tablette des photos qu’on est habitué à visualiser sur la petite surface d’affichage du téléphone. Une aubaine pour les photographes qui veulent présenter leur travail. D’autant plus qu’ils peuvent retoucher les photos avec des outils d’édition comme Affinity Photo, Lightroom ou Photoshop Express, en attendant l’arrivée sur iPad du «vrai» Photoshop, prévue début 2019.

L’USB-C est donc une bonne initiative. Mais, comme à chaque changement de type de connecteur, il y aura des perdants. Tant pis pour ceux qui avaient investi dans des accessoires Lightning: Apple ne fournit aucun dispositif pour brancher des équipements compatibles avec son ancien connecteur. D’ailleurs, alors que l’iPad Pro 2018 a perdu sa prise minijack, Apple ne fournit pas non plus d’adaptateur comme il l’avait fait sur les iPhone dépourvus de sortie audio.


L’évolution du design des produits Apple – Regarder sur Figaro Live


La puissance d’un ordinateur

Pour Apple, l’iPad Pro constitue une alternative à l’ordinateur portable. Le fait est qu’il dispose d’un équipement plutôt musclé: son processeur octocœur A12X Bionic (92 % plus rapide que celui d’un PC portable selon Apple) et son coprocesseur Neural Engine (qui exécute plus de 5 milliards d’opérations à la seconde) réagissent à vitesse grand V tandis que sa mémoire peut atteindre 1 To de stockage… Là encore, ces performances se justifient en priorité pour les applications graphiques, mais elles facilitent aussi la vie dans un usage bureautique habituel. L’utilisation de Pages ou de Word devient aussi naturelle que sur un MacBook, d’autant que le clavier optionnel Smart Keyboard Folio (219 euros), qui sert aussi de support et de protection d’écran, se révèle plutôt efficace pour saisir du texte. On note au passage qu’il se maintient fermement à l’iPad grâce à un système d’aimants situés aux dos. Une fois replié sur la tablette, il donne à l’ensemble une allure de magazine à dos carré. Enfin, pour la prise de vues, l’iPad Pro conserve les équipements de l’ancienne génération: la caméra arrière de 12 mégapixels, capable de filmer en 4K, et l’appareil photo frontal de 7 mégapixels, lequel dispose maintenant d’un mode portrait comparable à celui de l’iPhone XR. L’autonomie n’a pas changé: entre 10 et 12 heures selon l’usage, mais la recharge de la batterie s’effectue nettement plus rapidement, autour de 3 heures.

Bilan

Avec son design plus aérien et ses composants plus puissants, l’iPad Pro 2018 marque une belle évolution de la tablette d’Apple. L’arrivée du connecteur USB-C lui ouvre de nouvelles perspectives tandis que son écran géant et son stylet restent des arguments de poids pour tous ceux qui travaillent les images. Il devrait aussi intéresser les utilisateurs à la recherche d’une alternative à l’ordinateur portable, au téléviseur portatif ou à la console de jeux mobile. À condition d’y mettre le prix…

Les tarifs

iPad Pro 12,6 pouces:

•64 Go, Wi-Fi: 1119 euros

•256 Go, Wi-Fi: 1289 euros

•512 Go, Wi-Fi: 1509 euros

•1 To, Wi-Fi: 1949 euros

Ajoutez 170 euros pour les versions cellulaires.

-clavier Smart Keyboard Folio: 219 euros

-stylet Apple Pencil: 135 euros