Il y a quelques jours nous avons été conviés par Bethesda pour découvrir Fallout 76 et nous laisser bercer par 3 heures de gameplay en coopération, le tout sur Xbox One X. Il y avait en effet beaucoup d’interrogations sur ce mystérieux épisode de Fallout 76. Très axé survie, sans aucune trace de PNJ ? Comment fonctionne ce monde ? Voyons voir ceci de plus près et essayons ensemble de disperser cet épais brouillard…

Tout d’abord revenons sur le contexte de notre preview. Nous avons joué 3 heures à une version pre-bêta sur Xbox One X, avec comme annoncé par Bethesda “quelques bugs”. Il serait donc bien inutile de trop insister là-dessus, même si certains d’entre eux ont quelque peu entravé notre progression. Nous étions ainsi par groupe de 4, dont l’un d’eux n’était rien de plus qu’un développeur de l’équipe de Bethesda Software, servant surtout de guide lors de nos pérégrinations dans ce monde post-apocalyptique. Rappelons que le jeu se déroule lors de la toute première sortie après la bombe, le fameux abri 76 qui donne son nom au jeu. Comme n’importe quel épisode de la saga, le titre commence sur un classique : la création de son personnage.

Welcome To West Virginia

L’outil de personnalisation du héros est revu et corrigé par rapport à Fallout 4 et il est vraiment possible de laisser libre cours à son imagination. Tout est faisable ou presque. Puisque telle de la pâte à modeler on peut modifier à souhait et tirer les traits du visage à l’aide du curseur de la souris (du pad en l’occurrence). Faire un monstre ou un bellâtre est des plus aisés, même si le moteur du jeu aura tendance à mieux gérer les erreurs de la nature que la perfection. Choix de la teinte de la peau, cicatrices, taille, cheveux… L’éditeur est digne des meilleurs RPG et ne saurait envier la concurrence. Une fois le personnage passé entre les mains du sculpteur que vous êtes, les choses sérieuses peuvent commencer. On peut à souhait modifier ses caractéristiques (comme celle d’un Fallout classique) via des objets que l’on trouve dans le bunker 76. Ça reste très optionnel et il est de toute façon possible de tout changer par la suite, ne vous tracassez donc pas trop car tout est réversible.

10 ans de retard… technique

Vous voila enfin dehors. Tel Neil Armstrong sur la Lune, vous êtes le premier à mettre les pieds en dehors de l’abri. Le premier ? Ou presque. Car outre votre petite personne il faudra compter sur la présence de 23 autres joueurs par serveur (24 est le chiffre limite à la sortie du jeu, qui pourra sans doute augmenter, nous expliquerons tout ceci plus bas). Premier point noir au tableau : la partie technique. Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo de capture ci-dessus, le jeu a 10 ans de retard technique, au bas mot. Tout n’est pas catastrophique, car pour contre-balancer l’ensemble, le jeu propose une très belle direction artistique. La Virginie Occidentale offre de beaux panoramas et pour la toute première fois on retrouve de vrais environnements “champêtres”.

Du beau dans le laid

Les couleurs sont très belles, et le ton automnal est des plus agréables. C’est véritablement charmant dans certains endroits, surtout à la tombée de la nuit. Dommage que les animations, les textures, et les différents effets FX soient catastrophiques. Si Fallout 4 était déjà dépassé techniquement à l’époque, sachez que ce Fallout 76 fait bien pire. Quand on connait l’importance d’un studio comme Bethesda, on se demande vraiment pourquoi cette partie est si faignante. Imaginez, nous étions sur Xbox One X et en 4K. Maintenant, essayez de penser à une version sur PS4 fat en 1080p. Pire, le jeu avait de gros soucis de framerate. Espérons qu’un gros travail soit effectué dessus avant sa sortie sinon…

Un monde vivant et un bestiaire de qualité

Pour autant le jeu est plein de bonnes idées et c’est un véritable plaisir de pouvoir retrouver le bestiaire de Fallout. Goules, super-mutants, rataupes… Il n’est pas possible de faire 1 pas sans se faire agresser par un monstre. Le monde est en cela vivant et offre l’impression de vivre sans nous, sauf que… Il n’y a strictement aucune trace de PNJ et donc ce feeling quasiment instinctif de la première heure disparaît peu à peu. Bethesda compte sur la communauté du serveur pour faire vivre le monde. Mais le problème majeur c’est qu’il n’y a que 24 personnes par serveur et ce manque cruel d’ambition porte préjudice directement au gameplay. La carte est immense (voir notre capture où vous pouvez l’admirer dans son entièreté) et les rencontres se font rares. Le PVP est donc difficile à cerner et il fonctionne d’ailleurs sur un système bien particulier.

Un PVE enchanteur

Pour éviter le PVP sauvage et l’assassinat pur et simple, il faut que les 2 joueurs acceptent contractuellement de faire du PVP en se faisant des dommages. Le joueur 1 tire sur le joueur 2 et le joueur 2 tire sur le joueur 1, le PVP commence. Une très bonne idée qui risque d’avoir des limites si d’autres joueurs s’en mêlent et font bouclier humain pour entrer dans la danse.  À voir sur le long terme.

Dans tous les cas, 24 joueurs c’est trop peu, et même si le titre ne proposera pas de système de guilde/clan au lancement, ça fera de toute façon trop eu pour offrir quelque chose de sérieux. Il va falloir sérieusement se mettre à niveau et monter au moins à 50 si ce n’est plus. Le PVE est de son coté fort intéressant et c’est pour l’heure le mieux réussi des jeux de survie du genre. Les rencontres avec les super-mutants sont stressantes et on peut très vite se retrouver encerclé par de la vermine.

Une dose de radiation pour bien commencer la journée

Le jeu regorge de bonnes idées mais qui ne sont pas suffisamment exploitées. Il y a par exemple un intéressant système de housing mais à quoi bon ? Puisqu’il n’existe visiblement aucune notion de territorialité ? À moins que le jeu réserve de très bonnes surprises à sa sortie en novembre… Pour l’instant on peut construire de très belles choses dans la plus pure tradition esthétique d’un Fallout sans impact quelconque. Il nous tarde d’en savoir plus car cette partie pourrait être salvatrice pour Fallout 76 ou au contraire signer son glas.

La grosse et belle surprise c’est l’utilisation de la fameuse bombe atomique qui vient faire naître un très beau champignon dans les environnements chatoyants de la Virginie Occidentale. Si nous n’avons pas vraiment eu de détails quant à son utilisation, son effet est en tout cas impressionnant et elle apportera son lot de radiation dans la zone environnante. Fallout oblige, cette notion est consubstantielle de notre aventure et il faut de toute façon sans cesse prendre garde à ne pas s’empoisonner et avoir sur soi son lot de RadAway pour ne pas manger des pissenlits par la racine. Une vraie plus-value en termes de survie sur la concurrence.

ON L’ATTEND…AVEC CURIOSITÉ !

Fallout 76 n’est pas une déception mais de grosses zones d’ombre viennent noircir le tableau. On pourrait presque palper le manque d’ambition de Bethesda pendant nos 3 heures de gameplay. Si proposer cette technique en 2018 passe encore pour un petit studio indépendant, c’est scandaleux pour un studio et un éditeur digne de Bethesda. Que dire de la limitation des 24 joueurs ? Un cruel manque d’épique qui risque de faire ronchonner une grosse partie des joueurs. Heureusement Fallout 76 a pour lui une très bonne gestion du PVE, un background Fallout très bien exploité et une direction artistique de qualité. De plus le jeu proposera une bêta très bientôt, de quoi changer quelques éléments avant sa sortie qui est programmée pour le 14 novembre. Fallout 76 navigue donc pour l’instant en eaux troubles et il est bien difficile de savoir qui il cherche à convaincre. On a cette impression constante que le jeu cherche à charmer les fans de la saga et les amateurs de survie, sans jamais vraiment briller dans l’un ou l’autre des genres…