La conférence de presse de Christophe Castaner, ce vendredi midi, avant le samedi « noir » prévu demain à Paris et en province, a révélé une information importante. Et selon la Place Beauveau, elle résume à elle seule l’ambiance plus que tendue qui préside à ce quatrième acte de la mobilisation des Gilets jaunes. Un jeune homme de 35 ans, habitant à Limoges, a été interpellé jeudi matin, à la sortie de son domicile, pour des propos menaçants, relatifs à la journée de mobilisation de samedi.

« Cette personne exprimait sur les réseaux sociaux sa volonté de, je cite, “dégommer des monuments” et de “tuer la République”, et iI évoquait la manifestation du 8 décembre, explique Christophe Castaner. Apparaissait sur son Facebook un message qui considérait, j’ouvre les guillemets, que “un bon flic est un flic crevé”. Le problème, c’est que cette agitation se multiplie sur les réseaux sociaux. »

Proche de l’ultra-droite

C’est la police judiciaire de Limoges qui est saisie du dossier. L’individu a été placé en détention provisoire, ce vendredi après-midi, en vue d’une comparution immédiate, lundi. Vigile, proche de l’ultra-droite radicale, il était connu pour des menaces de commettre des crimes en raison de la race des personnes, usage de stupéfiants et port d’arme.

« Nous avons fait une perquisition chez lui et nous avons trouvé dans son appartement deux armes de poing, précise le ministre de l’Intérieur, un revolver 35 magnum et un pistolet MAB calibre 7.65, ainsi que des munitions. » Des armes létales, acquises illégalement et ne faisant l’objet d’aucun permis.  

« Violence armée »

« Un sac à dos [contenait] différents matériels pour manifester et un gilet jaune siglé “anti franc-maçons”. Il avait aussi des feux d’artifice, des gants, un masque de protection, des genouillères… », a précisé le premier flic de France. Après trois samedis de manifestations particulièrement houleuses, Christophe Castaner a érigé ce cas en « exemple pour illustrer cette violence, mais cette violence armée, à laquelle nous assistons. »

Lors de sa garde à vue, le mis en cause a reconnu vouloir manifester à Paris, ce week-end, mais il aurait nié toute volonté de s’en prendre aux forces de l’ordre et aux monuments parisiens. Il sera jugé pour appel à manifester sans déclaration préalable, menaces et détention d’armes non autorisée.

Sébastien Dubois (avec Frank Lagier)