Facebook / Google : Même modèle, différentes perspectives

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Facebook / Google : Même modèle, différentes perspectives

Facebook et Google partagent fondamentalement le même modèle économique, qui consiste à faire payer les entreprises pour des publicités qui peuvent être hautement ciblées grâce à un large éventail d’attributs comportementaux et inférés de leurs utilisateurs. Et pourtant, comme je l’écrivais déjà il y a deux ans, leur perception par le grand public est radicalement différente.

Il est vrai que Google n’a pas eu de scandale comme la bombe Cambridge Analytica, en 2017, qui a accablé Facebook. De plus, les critiques sur YouTube, et son lien avec de nombreux scandales de fake news et de désinformation, atteignent peu la réputation de Google, dans la mesure où les deux marques semblent relativement dissociées dans l’esprit du grand public. D’un autre côté, Instagram ne semble pas partager la réputation négative de Facebook.

Malgré tout, je vous propose de faire table rase du passé et de juger les deux entreprises sur la base de leurs réactions à deux actualités récentes : d’une part, le conflit avec le gouvernement australien sur les négociations avec les éditeurs de presse ; et d’autre part, l’obligation d’accepter le suivi des utilisateurs imposée par Apple aux développeurs d’applications qui veulent utiliser son identification des annonceurs (IDFA).

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Le conflit australien

Dans le cadre des négociations avec le gouvernement australien, Google et Facebook ont toutes deux averti Canberra des répercussions si la réglementation prévalait.

Google a menacé de son côté de désactiver l’accès à son moteur de recherche dans le pays, tandis que Facebook prévoyait de bloquer l’accès aux actualités aux Australiens, notamment en désactivant le partage des news. Cependant, Google s’en est tenu aux avertissements et a privilégié un accord avec le gouvernement australien.

Le réseau social a quant à lui mis ses menaces à exécution, coupant l’accès des Australiens aux actualités par le biais de sa plateforme, avant de parvenir à un accord sur les négociations avec les éditeurs.

Face à Apple, Google accepte et Facebook se bat

Un contraste encore plus spectaculaire est apparu en ce qui concerne l’approche des deux sociétés vis-à-vis de l’IDFA. Facebook et Google ont toutes deux publié des avis à l’intention de leurs annonceurs concernant l’impact des changements de règles d’Apple.

Google a choisi de faire une croix sur l’identifiant d’Apple, ce qui témoigne d’une large compréhension puisque Apple contrôle iOS et que cette mesure est la dernière d’une tendance à limiter le caractère invasif de la publicité. Il est probable que ces mesures bénéficient d’une oreille attentive de la part des autorités de réglementation, alors que les appels à une législation sur l’opt-in obligatoire se multiplient. En effet, Google associe les changements apportés à iOS à ceux qui ont lieu sur le web, où la société a choisi de supprimer l’utilisation des données des cookies tiers. Sa réponse, Privacy Sandbox, met davantage l’accent sur les données de première main des entreprises.

En revanche, malgré les propos rassurants tenus récemment par Mark Zuckerberg sur la capacité de Facebook à résister aux changements d’Apple, l’entreprise a lancé une vaste campagne de dénigrement destinée à protester contre ces changements, via des publications dans les médias affirmant que ces nouvelles règles porteraient préjudice aux petites entreprises. Le réseau social a également produit un spot publicitaire qui clame que « les bonnes idées méritent d’être trouvées », dans un ton qui s’adresse autant aux utilisateurs qu’aux petites entreprises. Selon certaines rumeurs, Facebook serait même proche d’intenter un procès à la firme de Cupertino.

Facebook est dépendant d’Apple… et de Google

Pourquoi donc Google semble-t-il accepter sans broncher de tels défis pour ses activités alors que Facebook réagit à ces mêmes challenges comme s’il s’agissait de menaces existentielles ?

En fait, il se trouve que Google se trouve dans une position plus sûre, grâce à des activités mises en place il y a quelques temps déjà. Alors que Facebook dispose de quatre services incontournables avec, en plus de son réseau social éponyme, Messenger, Instagram et WhatsApp, le contrôle de Google sur Android et Chrome lui permet de fonctionner à un niveau au-dessus de celui des applications de Facebook. Le pire cauchemar de Facebook serait que Google devienne aussi agressif sur le suivi opt-in sur ses plateformes qu’Apple l’est sur iOS et Safari. Bien entendu, il est peu probable que Google agisse de la sorte, car il tire un profit considérable des utilisateurs qui choisissent d’adhérer par défaut.

Néanmoins, ces dernières années, Google a redoublé d’efforts pour jouer un rôle plus central dans les entreprises, notamment dans le secteur de l’éducation où la collecte d’informations personnelles est un champ miné. En tirant parti des Chromebook et des capacités étendues d’administration de groupe, la pandémie a, à bien des égards, servi au développement de ce qui est en train de devenir une formidable plateforme qui s’attaque plus directement que jamais à Microsoft.

Dans l’histoire des paris lointains de Google, ces technologies pourraient bien représenter son avenir, plus que les activités de recherche financées par la publicité qui ont alimenté sa croissance jusqu’à présent, mais qui font de plus en plus l’objet de nouvelles réglementations.

Source : ZDNet.com

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