Facebook bloque le partage d’articles de presse en Australie – Le Figaro

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Le réseau social proteste contre une loi visant à l’obliger à rémunérer les médias du pays.

Facebook met sa menace à exécution. Le groupe américain a annoncé jeudi soir qu’il bannissait les articles de presse de la version australienne du réseau social. Les médias australiens ne peuvent plus partager de contenus depuis leurs pages officielles. Quant aux internautes du pays, ils ne verront plus apparaître d’articles de presse sur leur fil d’actualité, qu’ils soient australiens ou internationaux.

Le groupe américain proteste contre une loi australienne en cours de discussion qui vise à contraindre Facebook et Google à nouer des accords de licence avec les groupes médias de l’île. «Comme nous l’avons expliqué à de nombreuses reprises au gouvernement australien ces derniers mois, l’échange de valeur entre Facebook et les éditeurs de presse est en faveur de ces derniers», clame le réseau social. «Nous gagnons peu d’argent avec l’information. Ces contenus représentent moins de 4% des publications vues par les utilisateurs sur leur fil d’actualité.»

Plusieurs services de secours en Australie se sont plaints jeudi d’être affectés par le blocage du partage d’articles, les pages servant à alerter la population en cas de feux de brousse, de cyclone ou d’épidémie ayant cessé de fonctionner, selon les autorités. La page du service météorologique gouvernemental «a été affectée par les soudaines restrictions de contenus par Facebook», a tweeté la ministre de l’Environnement Sussan Ley, en demandant aux usagers de se rendre plutôt sur le site de cet organisme. La page Facebook du service des incendies d’Australie occidentale a également été effacée alors que l’État se préparait à des conditions de «danger d’incendie catastrophique». «Incroyable. Invraissemblable. Inacceptable», a réagi la députée d’Australie occidentale Madeleine King, tandis que les appels se sont multipliés pour que Facebook corrige rapidement la situation.

Les départements de Santé d’au moins trois Etats, qui publient régulièrement des mises à jour sur la pandémie de coronavirus à des centaines de milliers d’Australiens ont également été impactés, ainsi plusieurs comptes gouvernementaux. Le service national de lutte contre les agressions sexuelles et la violence domestique, certaines organisations caritatives et même la page de Facebook apparaissaient vierges pour les utilisateurs en Australie. Des blocages qualifiés jeudi d’«autoritaires» par le gouvernement australien. «Facebook a eu tort. Les mesures prises par Facebook sont inutiles, autoritaires et vont nuire à sa réputation ici en Australie», a déclaré ministre des Finances, Josh Frydenberg.

Le gouvernement australien souhaite que Google et Facebook, qui capte la majeure partie du marché de la publicité en ligne, participent au financement des médias. La loi en cours de discussion veut contraindre ces deux groupes à négocier des accords financiers avec les groupes de presse. Si les deux parties ne s’entendent pas sur un prix, un arbitre externe tranchera le contentieux.

Arrêt de Facebook News

Les deux entreprises américaines ont vivement protesté contre ce projet. Google a notamment menacé d’empêcher l’accès à son moteur de recherche en Australie. Mais le groupe a depuis signé des accords financiers d’une durée de trois ans avec certains groupes de presse. Il a notamment noué mercredi un partenariat mondial avec le groupe NewsCorp.

Facebook refuse, lui, de suivre cette voie. «Nous étions prêts à lancer en Australie Facebook News», un onglet du réseau social mettant en valeur une sélection d’articles de presse en échange d’une rémunération des éditeurs, mais «nous allons désormais rediriger ces investissements vers d’autres pays.» «Nous espérons que le gouvernement australien reconnaîtra la valeur que nous apportons déjà aux éditeurs de presse, et travaillera avec nous pour renforcer, plutôt que limiter, notre partenariat avec ces derniers.»

Le réseau social précise qu’il continuera à combattre la désinformation sur la version australienne de son réseau social.

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