Face à Erdogan, unanimité politique derrière Macron – Le Figaro

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Elle sera finalement venue de l’étranger. L’union nationale, maintes fois invoquée, s’était jusque-là refusée à Emmanuel Macron. Qu’importent les crises qui ont jonché son quinquennat. Des «gilets jaunes» à la pandémie de coronavirus, en passant par les attaques terroristes… Jamais son opposition n’aura véritablement désarmé pour le soutenir. C’était sans compter les attaques essuyées ces derniers jours par le chef de l’État venues du président turc Recep Tayyip Erdogan. Qui, dans une énième provocation, l’a accusé d’avoir un «problème» avec l’islam, jusqu’à lui prescrire des «examens de santé mentale.»

Quelque peu esseulé face à ces outrances sur la scène européenne, l’Élysée n’a, sur son sol, pas dénoncé ces «propos inacceptables» de façon solitaire. Le chef de l’État aura trouvé un soutien chez ses habituels contempteurs de la scène nationale. Première d’entre eux, Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national (RN), jamais avare en flèches contre l’exécutif, a été parmi les plus critiques quant à la gestion gouvernementale de l’épidémie de Covid-19. Au lendemain de l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine, elle aura la première balayée toute idée d’«union nationale». Et pourtant. Invitée du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», dimanche, la députée du Pas-de-Calais a assuré: «Évidemment, face à cette attaque directe de Monsieur Erdogan, je défends le président de la République française.» Sur le plateau des «4 Vérités», sur France 2, ce lundi, le vice-président du RN, Jordan Bardella complète: face à ce «sultan islamiste, ce n’est pas Emmanuel Macron que j’approuve, mais le président de la République. Parce que c’est la France qui est attaquée».

Plus solidaires

Critiques envers le chef de l’État, y compris au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty, les cadres du parti Les Républicains se seront montrés, cette fois, plus solidaires. «Il faut soutenir le chef de l’État, assure au Figaro le chef de la délégation LR au Parlement européen, François-Xavier Bellamy. Il ne s’agit pas tant d’un soutien politique, que d’un refus absolu de ce chantage d’Erdogan qui veut faire payer à Emmanuel Macron son opposition ferme à ses opérations de déstabilisation en Méditerranée.» Invité de l’émission dominicale de France 3, «Dimanche en politique», le chef des députés LR Damien Abad martelait également: «Ce sont des insultes intolérables à l’égard du président de la République. Notre rôle est bien de différencier l’intégriste du musulman, et de fait, Erdogan fait un amalgame volontaire pour encourager l’islamisme.»

Ce sont des insultes intolérables à l’égard du président de la République. Notre rôle est bien de différencier l’intégriste du musulman, et de fait, Erdogan fait un amalgame volontaire pour encourager l’islamisme.

Damien Abad

Même dans les rangs du Parti socialiste, c’est en bloc derrière le chef de l’État que l’on réagit aux propos du président turc. «M. Erdogan est coutumier de ces turpitudes, ripostait au micro de Sud Radio lundi le député socialiste des Landes Boris Vallaud. Il est dans une confusion des valeurs et des sentiments. Ses basses invectives n’impressionnent personne!»

Sur Twitter, le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, surenchérit: «Le président Erdogan insulte la France et nos valeurs héritées de la Révolution française. Nous ne nous laisserons intimider par personne. Et encore moins par ceux qui bafouent, chez eux, les règles élémentaires de la démocratie et de la liberté d’expression.»

À cette rivalité de témoignages de soutien au chef de l’État et de charges contre les autorités turques, un responsable politique a cependant préféré s’inscrire en faux: Jean-Luc Mélenchon. Invité de la matinale de France Inter, lundi matin, le chef de file de La France insoumise a refusé d’apporter son soutien à Emmanuel Macron: «Je l’ai fait à plusieurs reprises, je ne le ferai plus. Il a totalement perdu le contrôle de la situation, a-t-il cinglé. La France est abaissée, humiliée et ridiculisée. Quelle est la stratégie internationale de Macron? Que compte-t-il faire à part des tweets?» Une sortie qui n’aidera pas sa formation politique à se décoller l’étiquette d’«islamo-gauchiste» dont se plaint tant son fondateur.

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