Explosions à Beyrouth : les images du drame – Le Figaro

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Corps gisant au sol, immeubles dévastés, carcasses de voitures : deux énormes explosions dans le port de Beyrouth ont fait mardi 4 août au moins 78 morts et 4000 blessés, et provoqué des scènes de dévastation et de panique dans la capitale libanaise, déclarée ville «sinistrée».

Les déflagrations ont comme soufflé la ville. Des voitures ont été renversées et des vitres brisées. JOSEPH EID / AFP

«C’était comme une bombe atomique. J’ai tout vu (dans ma vie), mais rien de tel», a dit à l’AFP Makrouhie Yerganian, un professeur à la retraite, vivant depuis plus de 60 ans en face du port.

Ce mercredi 5 août est déclaré jour de deuil national. MARWAN TAHTAH / AFP

Le premier ministre Hassan Diab a affirmé que ces déflagrations étaient notamment dues à l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, substance qui entre dans la composition de certains engrais mais aussi d’explosifs.

Le nitrate d’ammonium a causé ces explosions mortelles. STR / AFP

Selon un dernier bilan provisoire du ministère de la Santé, en fin de soirée, au moins 73 personnes ont été tuées et 3700 blessées. Les hôpitaux de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, sont saturés.

La seconde explosion a été filmée et a provoqué un énorme champignon de fumée dans le ciel de Beyrouth. MOUAFAC HARB / AFP

Dans les rues de Beyrouth, des soldats ont évacué des habitants abasourdis, certains couverts de sang, T-shirt autour du crâne pour panser leurs blessures. Des voitures, airbags ouverts, mais aussi des bus, ont été abandonnés au beau milieu des routes. Des habitations proches du port ont été rasées ou fortement endommagées.

Un témoin a estimé que l’explosion était «plus forte que celle lors de l’assassinat de Rafic Hariri» en février 2015 qui avait fait 22 morts.

Les images diffusées mardi ont été très impressionnantes. ANWAR AMRO / AFP

Outre les images ahurissantes des explosions, des photos postées sur les réseaux sociaux ont montré des dégâts à l’intérieur du terminal de l’aéroport international de Beyrouth, situé à neuf kilomètres du site.

«Catastrophe majeure»

Mardi soir après le drame survenu quelques heures plus tôt, le Conseil supérieur de la Défense a déclaré Beyrouth «ville sinistrée», et le président Michel Aoun a déploré «une catastrophe majeure». Le premier ministre a décrété mercredi jour de deuil national.

Des témoins ont raconté que ces explosions étaient encore plus fortes que celle qui avait coûté la vie à Rafic Hariri en février 2015. STR / AFP

Il a promis que les responsables devraient «rendre des comptes». «Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2.750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire», a déclaré Hassan Diab devant le Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

De nombreux pays ont indiqué apporter leur aide au Liban. STR / AFP

Hassan Diab a appelé les «pays amis» à fournir une aide d’urgence, alors que ce drame vient s’ajouter à l’immense détresse des Libanais: le pays connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.

Le souffle a été ressenti jusque sur l’île de Chypre, à plus de 200 km. STR / AFP

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