Dans sa propre tribune, le patron des Républicains répond samedi à l’approche «binaire» du chef de l’État sur l’Europe.

Aux yeux de Laurent Wauquiez, la réponse d’Emmanuel Macron et celle de Marine Le Pen feraient preuve de la «même cécité face à l’impasse dans laquelle se situe l’Europe». À ses yeux, le débat ne peut pas se résumer à anti ou proeuropéens.

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L’idée de cette tribune publiée samedi 9 mars dans Le Monde lui est venue au moment de la publication de celle d’Emmanuel Macron. Très rapidement, Laurent Wauquiez a donc décidé de rédiger sur le même format que ne l’avait choisi le président, un contre projet européen. Pour le président de LR, le choix pour les élections européennes ne peut se résumer entre «progressistes» et «populistes», entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

«La volonté d’enfermer le débat européen dans un choix binaire reste intacte», écrit Laurent Wauquiez dès les premières lignes de sa tribune dans Le Monde. «Il s’agit de tout résumer à une alternative entre proeuropéens et antieuropéens, progressistes et nationalistes, sauveurs et destructeurs, sans rien entre les deux», juge-t-il en renvoyant dos à dos Emmanuel Macron d’un côté, Marine Le Pen et Nicolas Dupon-Aignan de l’autre.

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Or pour Laurent Wauquiez, il existe «un autre chemin» entre ces deux options. «L’enjeu de l’élection à venir au mois de mai n’est pas de savoir qui des extrémistes irresponsables ou des autoproclamés progressistes l’emportera, mais de sortir les Français et les Européens de cette impasse manichéenne dans laquelle on veut les enfermer. Oui, un autre choix est possible», martèle-t-il.

Dans ce contexte, la tribune d’Emmanuel Macron ne semble pas, pour le président de LR, à la hauteur de la situation. «Ce qui est frappant, ce sont ces slogans incantatoires répétés sans discontinuer depuis des années: refonder l’espace Schengen, créer une Europe sociale… Des mots qui finissent par ne plus rien dire dans l’ère du soupçon», fait-il valoir en renvoyant au texte du chef de l’Etat, marqué par plusieurs lacunes sur la PAC, l’immigration, l’égalité hommes-femmes.

«En deux ans, Emmanuel Macron n’est parvenu à aucun progrès sur la scène européenne ; aucune des idées du discours de la Sorbonne ne s’est traduite en actes. Pire, la France a rarement été aussi isolée et l’accueil glacial de sa tribune n’en est qu’un symptôme supplémentaire», critique le président de LR dans sa tribune, en appelant à «une Europe des projets» plutôt que «des normes».

Pour Laurent Wauquiez, le choix ne peut pas se résumer à «pour» ou «contre l’Europe».

Grand schisme

Pour Laurent Wauquiez, deux bulletins pourront être utilisés le 25 mai pour les électeurs proeuropéens: celui d’Emmanuel Macron pour «une fuite en avant avec toujours plus de l’Europe qui n’a pas marché» et celui de la liste LR «pour un autre chemin pour l’Europe».

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«Au milieu des années 1990 s’est ouvert un grand schisme. Un nombre croissant de Français et d’Européens votent contre le projet européen qui leur est présenté. Au lieu de chercher à le comprendre, on a pris ce vote pour ce qu’il n’était pas, un vote contre l’Europe», expose Laurent Wauquiez dans Le Monde. «Les Français ne sont pas contre l’Europe ; ils sont contre ce qu’elle est devenue. Ils ne veulent pas la sortie de l’Europe ; ils veulent changer l’Europe. Ils le crient de plus en plus fort depuis des années. Et la seule réponse qu’on leur apporte, c’est soit toujours plus de l’Europe que vous ne voulez pas, soit plus d’Europe du tout. Il est temps de sortir de cette binarité stérile», appuie-t-il en appelant à «changer de façon radicale notre approche du débat européen».

«C’est une faute de vouloir se débarrasser de la France dans l’Europe. L’Europe doit et devra s’appuyer sur les nations pour grandir et réussir», ajoute Laurent Wauquiez en dénonçant l’approche fédérale de l’Europe et de nouveaux élargissements.

Seule possibilité aux yeux du patron de LR pour refonder l’Europe en se souvenant, indique-t-il, de la «grande leçon du philosophe» Hobbes: «une construction politique doit apporter un surcroît de protection et défendre ses frontières».


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