Etats-Unis : un des « Beatles » de l’EI plaide coupable pour complicité dans les enlèvements et les meurtres d’otages – Le Monde

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Le tribunal d’Alexandria, en Virginie, jeudi 2 septembre 2021.

L’un des membres de la bande de ravisseurs du groupe Etat islamique (EI) baptisée les « Beatles » (en raison de leur accent anglais) a plaidé coupable, jeudi 2 septembre, de complicité dans les enlèvements et les meurtres d’otages occidentaux, devant un tribunal fédéral d’Alexandria (Virginie), aux Etats-Unis. Le représentant de l’accusation, Dennis Fitzpatrick, a fait savoir que les familles des quatre victimes américaines étaient d’accord avec ce changement de stratégie de défense.

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Alexanda Kotey, ancien ressortissant britannique âgé de 37 ans, plaidait jusqu’ici non-coupable devant le tribunal, aux côtés d’El Shafee el-Sheikh, 33 ans, un autre des quatre membres du groupe de kidnappeurs de l’EI. Ils sont notamment accusés d’être impliqués dans les meurtres des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, tués en 2014, et celui des travailleurs humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller – la jeune humanitaire américaine, enlevée à Alep (Syrie) en août 2013, avait été torturée, violée et tuée.

En reconnaissant sa culpabilité, Alexanda Kotey a renoncé à son droit à un procès et encourt plusieurs peines de prison à vie sans droit à une libération anticipée. Le juge TS Ellis, qui présidait l’audience, prononcera le verdict le 4 mars 2022.

Il a aussi passé un accord avec le gouvernement pour fournir toutes les informations en sa possession sur ses actes en Syrie. L’accord prévoit également qu’il sera extradé au Royaume-Uni après 15 ans de réclusion, où il est aussi poursuivi pour enlèvement et meurtres d’otages.

Déchus de la nationalité britannique

Alexanda Kotey et El Shafee el-Sheikh ont été extradés aux Etats-Unis depuis l’Irak en octobre 2020 pour comparaître devant la justice américaine. Ils avaient été capturés en janvier 2018 par les forces syriennes kurdes, puis remis à l’armée américaine en Irak.

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Les deux hommes ont grandi au Royaume-Uni, où ils se sont radicalisés avant de rallier l’EI en Syrie en 2012. Alexanda Kotey a expliqué dans une déclaration qu’il avait rejoint la Syrie pour se battre contre le régime du président Bachar al-Assad en estimant que « le concept islamique du djihad armé était d’une grande valeur et une cause légitime ». Il avait ensuite intégré l’unité de l’EI chargé de l’enlèvement et la détention d’otages non-musulmans.

Londres, qui ne voulait pas le juger sur son territoire, l’a déchu de sa nationalité britannique. L’extradition des deux hommes aux Etats-Unis n’a été rendue possible qu’après que les autorités américaines eurent assuré à Londres qu’elles ne requerraient pas de condamnation à mort dans cette affaire.

Un « Beatle » détenu en Turquie

Ils sont accusés de l’enlèvement d’otages américains, européens, japonais et syriens de 2012 à 2015, et d’avoir torturé et tué leurs victimes, notamment par décapitation. Les vidéos des assassinats, diffusées par l’EI à des fins de propagande, avaient choqué le monde entier.

Les deux hommes auraient notamment supervisé les lieux de détention des otages et coordonné les négociations de rançon par e-mail. Ils auraient aussi été impliqués « dans des faits répétés de violences physiques et psychologiques contre des otages », selon la justice américaine.

Le chef présumé de la cellule, Mohammed Emwazi, surnommé « Jihadi John », a été tué dans une frappe aérienne américaine en Syrie en novembre 2015, tandis que le quatrième « Beatle », Aine Davis, est détenu en Turquie après avoir été reconnu coupable de terrorisme en 2017.

Le Monde avec AFP

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