États-Unis : Donald Trump menace de déployer l’armée – Sud Ouest

Spread the love
  • Yum

Dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique, le président américain Donald Trump a menacé lundi de déployer l’armée pour faire cesser les violences.

À New York, plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir. Le couvre-feu, instauré dans la ville de 23 h à 5 h lundi, commencera désormais à partir de 20 heures, a annoncé le maire Bill de Blasio, tout en assurant que la métropole était “totalement sous contrôle, et pour l’essentiel calme et paisible”.

Donald Trump est confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que des centaines de milliers d’Américains protestent contre les violences policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19. “Au plus profond de nous-mêmes, on en a assez”, témoigne Jessica Hubbert, une manifestante afro-américaine de Los Angeles. 

Manifestation à Washington lundi.
Manifestation à Washington lundi.  © Crédit photo : Stefani Reynolds/DPA/MAXPPP

“Des milliers de soldats lourdement armés”

Une semaine après l’homicide à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc, New York, Los Angeles et des dizaines d’autres villes américaines ont renforcé leurs mesures sécuritaires, décrétant ou rallongeant un couvre-feu nocturne pour vider les rues. À Washington, plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtées sans violence dans la soirée pour violation du couvre-feu instauré à partir de 19 heures.

Face aux troubles se surajoutant à la pandémie de coronavirus, Donald Trump avait annoncé plus tôt d’un ton martial le déploiement dans la capitale de “milliers de soldats lourdement armés” et policiers pour mettre un terme “aux émeutes” et “aux pillages”. Il a jugé que les troubles de la veille à Washington étaient “une honte”.

Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour “dominer les rues” et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde. “Si une ville ou un État refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l’armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place”, a-t-il lancé, dénonçant des actes de “terrorisme intérieur”.

“Une séance photo” de Trump

“Il utilise l’armée américaine contre les Américains”, a dénoncé sur Twitter Joe Biden, son adversaire à la présidentielle de novembre. Le candidat démocrate doit se rendre mardi matin à Philadelphie pour s’exprimer sur les “troubles civils”. Le visage couvert d’un masque, il s’est rendu lundi dans l’église d’une paroisse noire de son État du Delaware pour y rencontrer des responsables locaux. L’ancien vice-président de Barack Obama compte sur cet électorat pour  remporter la Maison Blanche.

Tandis que Donald Trump s’exprimait dans les jardins de la Maison Blanche aux airs de camp retranché, la police dispersait avec du gaz lacrymogène des centaines de manifestants rassemblés à l’extérieur de l’enceinte. L’objectif était de libérer le champ vers l’église Saint John, bâtiment emblématique tout proche qui a été dégradé dimanche soir. Le président s’y est rendu à pied, entouré de membres de son cabinet, pour s’y faire photographier, une bible en main.

La maire démocrate de Washington, Muriel Bowser, a dénoncé une dispersion “honteuse” qui, selon le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, ne servait qu’à offrir au président “une séance photo”. 

Visite surprise devant l'église Saint John, bâtiment emblématique proche de le Maison Blanche et qui a été dégradée dimanche soir.
Visite surprise devant l’église Saint John, bâtiment emblématique proche de le Maison Blanche et qui a été dégradée dimanche soir.  © Crédit photo : BRENDAN SMIALOWSKI /AFP

Les conclusions d’une deuxième autopsie

“Pression forte et prolongée” exercée sur son cou et sa cage thoracique

De Boston à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, le mouvement de protestation s’est exprimé jusqu’ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des destructions.

Au cœur des slogans, “Black Lives Matter” (“La vie des Noirs compte”) et “I can’t breathe” (“Je ne peux pas respirer”), les derniers mots de George Floyd gisant par terre, menotté et cou sous le genou d’un policier, dont les collègues restaient passifs.

George Floyd est mort asphyxié en raison d’une “pression forte et prolongée” exercée sur son cou et sa cage thoracique, a affirmé lundi Ben Crump, l’avocat de la famille de la victime, en révélant les résultats d’une autopsie indépendante. L’autopsie officielle, rendue publique dans la foulée, a également conclu à une pression létale au niveau du cou de l’Afro-Américain, ayant causé un arrêt du cœur.

Ni le renvoi de l’agent coupable de la bavure, Derek Chauvin, ni son arrestation postérieure n’ont calmé les esprits et les protestations ont touché au moins 140 villes américaines.

Face aux affrontements mêlant manifestants, casseurs et forces anti-émeute, les soldats de la Garde nationale ont été déployés dans plus d’une vingtaine de métropoles, dans un climat de tension inédit depuis les années 1960.

Sud Ouest

L’agent Derek Chauvin, qui a été inculpé d’homicide involontaire, doit comparaître le 8 juin devant un tribunal.

Les obsèques de George Floyd seront célébrées la semaine prochaine au Texas.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *