Etats-Unis : démissions en série, Donald Trump de plus en plus isolé – Le Monde

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Des républicains applaudissent une objection aux résultats de l’élection présidentielle alors que d’autres s’abstiennent, au Capitole, le 6 janvier.

Un pays en état de choc après son humiliation à la face du monde, une administration Trump surnageant à grand-peine, et un Parti républicain coupé en deux : le séisme provoqué par l’assaut donné au Congrès par une foule incontrôlée de militants chauffés à blanc par Donald Trump et ses allégations de fraude électorale a continué de produire ses effets délétères jeudi 7 janvier.

Dans la nuit précédente, après l’annonce par le vice-président, Mike Pence, des chiffres officiels entérinant la victoire du démocrate Joe Biden, le président des Etats-Unis avait été contraint à une première retraite. « Même si je ne suis pas d’accord avec le résultat de l’élection, et les faits me le confirment, il y aura néanmoins une transition ordonnée le 20 janvier », avait-il assuré sur le compte Twitter d’un fidèle – le directeur de sa communication numérique, Dan Scavino –, le sien étant provisoirement bloqué par le réseau social.

Le président Donald Trump a diffusé une vidéo sur son compte Twitter, le 7 janvier.
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Jeudi, en fin de journée, il a publié sur son propre compte une vidéo dans laquelle il a assuré avoir été « scandalisé » par les violences et juré d’organiser une transition « sans accrocs », reconnaissant ainsi pour la première fois, mais à demi-mot, sa défaite.

Ce revirement brutal, après des semaines d’imprécations, a été dicté par les circonstances et il est destiné à répondre aux critiques venues de son camp. Donald Trump était obligé de corriger l’impression désastreuse laissée la veille par la vidéo dans laquelle il avait invité les émeutiers à « rentrer chez [eux] » tout en leur exprimant son affection et en assurant les comprendre.

Une présidence Trump consumée par le refus de la défaite

Au-delà du problème de crédibilité que pose ce tête-à-queue, la vidéo de jeudi soir arrive cependant trop tard pour ramener un semblant d’ordre dans une présidence consumée par le refus de la défaite. Aucun des scandales d’un mandat qui n’en a pourtant pas été avare n’a produit les secousses enregistrées depuis mercredi. La parole, d’un coup, s’est libérée. Les responsables démocrates du Congrès, la speaker démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi (Californie), et le futur chef de la majorité sénatoriale Chuck Schumer (Etat de New York), se sont certes montrés les plus virulents (ils ont appelé à destituer le président par le biais du 25e amendement ou par une procédure d’impeachment), mais les craquements internes républicains ont été autrement plus spectaculaires.

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Mick Mulvaney, ancien directeur du budget et ancien bras droit (chief of staff) de Donald Trump, a ainsi annoncé avoir démissionné de ses fonctions d’envoyé spécial pour l’Irlande du Nord où il avait été propulsé après son éviction de la Maison Blanche, en mars 2020. « Je ne peux pas rester, pas après hier. On ne peut pas voir ce qui s’est passé hier et vouloir en être partie prenante d’une quelconque façon », a-t-il assuré dans un entretien à la chaîne CNBC.

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