Environnement : le Haut conseil pour le climat alerte sur la facture carbone de la 5G

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Environnement : le Haut conseil pour le climat alerte sur la facture carbone de la 5G

Nouvelle déconvenue pour les promoteurs de la 5G. La nouvelle génération de technologie mobile vient en effet de se faire sévèrement tacler par son impact environnemental par le Haut Conseil pour le climat (HCC), un organisme indépendant fondé en 2017 par Emmanuel Macron. Dans un rapport publié samedi après saisine du président du Sénat Gérard Larcher, l’institution présidée par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré préconise de ne plus attribuer les prochaines bandes de fréquences 5G, à savoir les bandes millimétriques, sans évaluation préalable sur la facture écologique de la 5G.

Pour le HCC, cela ne fait aucun doute : « la 5G est susceptible d’augmenter significativement » l’empreinte carbone du secteur du numérique. Et de regretter le rejet par le gouvernement et Emmanuel Macron de la demande de moratoire sur le déploiement de la 5G souhaité à l’été par la Convention citoyenne pour le climat. Pour rappel, le président de la République avait opposé une fin de non-recevoir à cette demande, la qualifiant de « retour à la lampe à huile »… En qualifiant au passage ses contradicteurs de promoteurs d’un « modèle Amish »… De quoi écorner sérieusement l’image de la 5G au cours d’un débat qui méritait certainement mieux.

Reste que le HCC le reconnait : « l’incertitude est grande quant aux potentiels effets du déploiement de la 5G ». « Les modalités de déploiement effectif par les opérateurs ne sont pas connues, de même que la fourniture de terminaux et de services numériques qui en découlera, et leur adoption par les entreprises et les particuliers ». En se penchant sur différents scénarios, l’organisme évalue toutefois l’impact carbone du déploiement de la 5G à une fourchette comprise entre 2,7 Mt éqCO2 et 6,7 Mt éqCO2 en 2030… Soit une augmentation signicative en comparaison de l’empreinte carbone du numérique (environ 15 Mt éqCO2 en 2020).

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Une explosion des émissions

Ce n’est pas tout. Le déploiement de la 5G risque également d’augmenter les émissions liées à la production d’électricité en France de 0,8 Mt éqCO2 à 2,1 Mt éqCO2 en 2030, sur un budget carbone pour la production d’énergie de 30 Mt éqCO2 la même année. De ce fait, le déploiement de la nouvelle génération de technologies mobiles pourrait remettre en question la trajectoire des politiques environnementales défendue par la France. 

Pour le HCC, cette explosion des émissions carbone sera notamment causée par la prise en compte des émissions liées à la fabrication du matériel à l’étranger (émissions dites « importées »). Dans son évaluation haute, « l’impact carbone » de la 5G serait ainsi en 2030 pour un peu plus de la moitié lié aux terminaux, pour un quart aux infrastructures et pour un quart à l’utilisation.

 

Source : HCC

La 5G devrait également entraîner une hausse de la consommation d’électricité, qui est en France largement décarbonée en raison notamment du nucléaire. « Le déploiement de la 5G risque d’avoir un effet important sur la consommation d’électricité en France, entre 16 TWh et 40 TWh en 2030, soit entre 5 % et 13 % de la consommation nationale d’électricité du résidentiel et du tertiaire en 2019 ».

Fixer des conditions environnementales

Résultats des courses : « la 5G est susceptible d’augmenter significativement » l’empreinte carbone du secteur du numérique, qui représente actuellement environ 2 % de l’empreinte totale de la France, soit à peu près autant que le secteur aérien, conclut le HCC, qui recommande « d’informer et de responsabiliser » les usagers, particuliers comme entreprises. « Il y a des usages disproportionnés, comme la vidéo haute définition sur téléphone. Il faut porter la priorisation des usages dans le débat public », estime la présidente du HCC Corinne Le Quéré, pointant également certaines offres illimitées qui peuvent mener au « gaspillage ».

Et d’en appeler à l’Arcep « pour fixer des objectifs contractuels pour les opérateurs », via l’introduction d’indicateurs couvrant l’ensemble des dimensions de l’empreinte carbone de la 5G. Pour le HCC, ces nouvelles conditions environnementales devraient être « posées préalablement au cahier des charges des fréquences restant à attribuer, mais pourraient aussi faire l’objet d’une renégociation des modalités d’utilisation des fréquences déjà attribuées, à l’image du New deal mobile pour la 4G ».

Du côté des autorités, on reconnait que le HCC dresse un « constat partagé » sur la question des équipements, tout en estimant que le rapport de l’organisme « ne prend pas en compte certains aspects positifs » attendus que ce soit dans le secteur des transports, de la santé ou de l’agriculture.

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