Environnement : «Il faut freiner les ventes de SUV», s’alarme WWF – Le Parisien

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A Paris, mais aussi dans les Hauts-de-Seine ou dans les Yvelines, près d’une voiture neuve sur deux (45 %) est un SUV. Sur l’ensemble du territoire, c’est le cas de plus d’une sur trois (38 %). Dopés par la demande féminine, ces véhicules font un carton : depuis 2010, les ventes ont été multipliées par sept. « C’est une catastrophe climatique », s’emporte Pierre Cannet, de l’ONG environnementale WWF qui publie ce mardi deux études* très documentées sur l’impact de ces véhicules sur la planète et sur le portefeuille des Français.

« Plus lourds, plus puissants, ils émettent 20 % de plus que des véhicules classiques. Et comme ils consomment plus de carburant, ils coûtent aussi plus cher à la pompe », résume le responsable associatif. Les SUV (pour Sport Utility Vehicle ou véhicule utilitaire sportif) sont dotés d’une carrosserie de tout-terrain. Ces « faux 4×4 » – comme on les appelle, car ils n’ont bien souvent pas quatre roues motrices — ne sont plus seulement des déclinaisons de grosses berlines, mais ils occupent tous les segments. Les Renault Captur et Peugeot 2008 se substituent, par exemple, aux citadines Renault Clio et Peugeot 208.

Environnement : «Il faut freiner les ventes de SUV», s’alarme WWF

Dans ce contexte, les coups de pouce du plan de relance aux constructeurs automobiles (au total, l’Etat devrait verser plus de 8 milliards d’euros d’aides au secteur) affolent l’association WWF, qui exige désormais une fiscalité qui détourne les Français des SUV. L’ONG réclame une taxe qui prenne en compte le poids des véhicules plutôt que leurs émissions (comme c’est le cas actuellement), « un critère trop flou », selon le WWF.

C’était aussi une proposition de la Convention citoyenne pour le climat pour l’heure écartée par Bercy. « Nous sommes à un moment charnière », insiste Pierre Cannet pour qui le projet de loi de finance et le projet de loi issu des propositions des citoyens tirés au sort sont les moyens de changer la donne. « Si l’on reporte à plus tard, les aides injectées par le plan de relance seront utilisées sans verdir le parc », prédit-il.

Des batteries lourdes qui pénaliseraient les hybrides ?

Un impôt au kilo serait une très mauvaise idée, juge au contraire le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) qui explique que les véhicules ont globalement pris du poids les dernières décennies pour des raisons de sécurité : pour mieux résister aux chocs frontaux notamment ou pour embarquer de nouveaux équipements, airbags ou autres.

« Et surtout les batteries des SUV hybrides sont à ce jour très lourdes. Taxer selon le poids reviendrait à pénaliser ces véhicules. Alors que notre objectif est l’électrification, l’hybride rechargeable est un bon premier pas pour ceux qui auraient peur de se retrouver les batteries à plat », insiste un porte-parole du CCFA. Chez Renault, on promet que les ingénieurs travaillent à affiner les batteries.

Mais ces nouveaux modèles de SUV hybrides ou électriques sont la bête noire du WWF. « Ubuesque », juge Pierre Cannet parce que ces nouveaux modèles tirent en fait nos émissions de CO2 vers le haut. « Il faut freiner les ventes de SUV. Sinon, la France ne parviendra pas à tenir ses engagements climatiques pour 2030, même en poursuivant l’électrification du parc automobile », prévient l’association.

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