Entreprises, écoles, hôpitaux… Une rentrée délicate sous le signe du coronavirus – Le Figaro

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La parenthèse estivale se referme. Retour à la crise du coronavirus. Alors que le premier ministre devait présenter mardi en Conseil des ministres son plan de relance pour la France de l’après-Covid, le président de la République a préféré reporter l’annonce d’une semaine. Emmanuel Macron et Jean Castex en ont convenu vendredi lors d’une réunion de travail au fort de Brégançon, avant le retour du chef de l’État à Paris. «Présenter un plan de cette ampleur, c’est enclencher immédiatement des réunions, des déplacements avec les acteurs, pour que le terrain se l’approprie, a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, dimanche dans Le Parisien . Or la semaine prochaine doit être consacrée à la finalisation de la rentrée marquée par de nouvelles mesures sanitaires d’ampleur

À la place de la présentation du plan de relance, Emmanuel Macron présidera mardi un Conseil de défense pour faire le point sur l’évolution de l’épidémie et les différents protocoles sanitaires mis en place dans les entreprises, les établissements scolaires, les transports mais aussi pour les manifestations sportives ou culturelles. Des mesures qui seront également au programme du Conseil des ministres mercredi, avant d’être expliquées et détaillées aux Français, probablement par le premier ministre Jean Castex.

«On ne s’interdit rien»

Le retour des salariés dans les grandes métropoles, et donc dans les transports, et surtout le retour des élèves dans les écoles, collèges et lycées fait planer la menace d’une accélération de l’épidémie. Surtout après des vacances scolaires marquées, dans beaucoup de régions, par un relâchement des mesures de vigilance face au coronavirus.

«Après trois mois de baisse de la circulation du virus, on observe une nette augmentation depuis cinq semaines, de façon globale, et activement dans certains territoires», a mis en garde le ministre de la Santé Olivier Véran dans le JDD. Samedi, les autorités sanitaires ont enregistré 3602 nouveaux diagnostics positifs, dans le prolongement des chiffres de la semaine dernière: 4771 nouveaux cas jeudi et 4586 vendredi. C’est une tendance. Pour l’heure, elle ne se traduit pas par des afflux de malades dans les services de réanimation, mais les personnels hospitaliers sont déjà sous tension.

Les défis de cette rentrée sont nombreux. Avec le premier ministre, notre feuille de route est claire: surmonter la crise, continuer l’action engagée avec les Français

Emmanuel Macron

De retour à l’Élysée, Emmanuel Macron se retrouve donc confronté, comme en mars, à la menace de l’épidémie. Mais pas question de revenir à un confinement généralisé. «On ne va pas mettre nos pays à l’arrêt, mais on va devoir vivre avec le virus, en veillant à ce qu’il ne se propage pas plus vite et à ce qu’il ne touche pas les personnes âgées, qui sont les plus fragiles», avait prévenu le président de la République la semaine dernière en recevant la chancelière allemande Angela Merkel au fort de Brégançon. Emmanuel Macron n’exclut toutefois pas la possibilité de recourir à des reconfinements ciblés «si la situation l’imposait ». L’exécutif espère que le recours aux gestes barrières – masques, distanciation, gel – permettra de ralentir la circulation du virus pour ne pas se retrouver dans la situation du mois de mars, lorsque les hôpitaux s’étaient retrouvés débordés par l’afflux de malades.

«On ne s’interdit rien, a prévenu Emmanuel Macron jeudi dans un entretien à Paris Match. Ce que l’on veut éviter, c’est d’être débordés (…) Mais on ne peut pas mettre le pays à l’arrêt, parce que les dommages collatéraux d’un confinement sont considérables».

Plus de trois mois après la fin du confinement, le chef de l’État en mesure les conséquences cataclysmiques pour l’économie. Au deuxième trimestre de l’année, le produit intérieur brut s’est effondré de 13,8 %, après une chute déjà brutale de 5,9 % au premier trimestre. Les premières conséquences ont commencé à apparaître avec la multiplication de plans sociaux, mais le pire est à venir.

Récession historique

Pour tenter de contrecarrer cette récession historique, Emmanuel Macron a demandé à son gouvernement de préparer un plan de relance inédit de 100 milliards d’euros. C’est désormais dans la première semaine de septembre que le premier ministre doit le présenter en Conseil des ministres, une fois la rentrée scolaire effectuée. La semaine dernière, des syndicats d’enseignants ont demandé de la reporter d’une semaine pour prendre connaissance du nouveau protocole sanitaire. Demande rejetée par le ministre de l’Éducation. Ce n’est «pas une hypothèse», a tranché Jean-Michel Blanquer, excluant un mois de septembre où les parents devraient jongler entre les enfants à la maison et leur travail. «Le protocole élaboré au mois de juillet assure la protection et l’éducation pour tous», a-t-il ajouté.

«Les défis de cette rentrée sont nombreux, avait souligné Emmanuel Macron, vendredi, avant son entretien avec Jean Castex. Avec le premier ministre, notre feuille de route est claire: surmonter la crise, continuer l’action engagée avec les Français.» Comme si l’été n’avait été qu’une parenthèse dans la crise du coronavirus.

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