Englué dans les scandales, l’ex-roi d’Espagne Juan Carlos veut s’exiler – Libération

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Juan Carlos, roi émérite d’Espagne, prend la poudre d’escampette, comme un vulgaire malfaiteur en cavale. Dans une lettre adressée à son fils, et monarque régnant, Felipe VI, il annonce sa «décision réfléchie de [s’]exiler en dehors de l’Espagne». Le motif y est pudiquement décrit : «Face à la répercussion publique de certains événements passés de ma vie privée, je souhaite te manifester ma plus grande disponibilité pour contribuer à faciliter l’exercice de tes fonctions.»

A 82 ans, l’icône de la tran­sition démocratique espagnole, qui a tourné le dos à un régime autoritaire dont Franco l’avait fait successeur, a largement perdu de sa superbe et de sa popularité. Avant même son abdication en 2014, le roi faisait les gros titres de la rubrique faits divers (pour ses maîtresses et ses parties de chasse arrosées). Depuis qu’il a renoncé au trône, officiellement pour raisons de santé, c’est dans des affaires financières que son nom est apparu. Début juin, la Cour suprême espagnole a ouvert une enquête pour déterminer sa responsabilité dans une affaire de corruption, d’évasion fiscale et de blanchiment. Dans son collimateur, les 88 millions d’euros que Juan Carlos aurait touchés en guise de commission de la part de l’Arabie ­Saoudite, dans une affaire de construction de ligne TGV.

Après la révélation de ce scandale en mars, Felipe VI avait pris ses distances avec son père en lui retirant sa dotation annuelle et en renonçant à son héritage. Le départ du roi, vers un pays encore inconnu et à une date non communiquée, risque d’abîmer un peu plus l’institution monarchique à l’heure où les pressions ­indépendantistes se font toujours sentir.

Nelly Didelot

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