EN DIRECT – Attentat à l’aéroport de Kaboul : les États-Unis annoncent avoir tué un «organisateur» de l’État islamique en Afghanistan – Le Figaro

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Voici les principaux points à retenir de la situation à Kaboul, où la tension est à son comble à l’aéroport, après une attaque de l’État islamique (EI) jeudi soir et une frappe américaine contre un organisateur de l’EI vendredi soir.

• L’armée américaine a annoncé vendredi avoir mené une frappe de drone contre un «organisateur» de l’État islamique au Khorasan (EI-K), la branche afghane de Daech qui a revendiqué l’attaque meurtrière à l’aéroport de Kaboul.

• La France a mis fin vendredi soir à ses évacuations, a annoncé la ministre des Armées Florence Parly.

• Un attentat-suicide revendiqué par l’État islamique jeudi soir a fait au moins 85 morts, et plus de 160 blessés ont indiqué les talibans à Reuters. Aucun Français n’a été tué.

• Treize militaires américains tués et dix-huit blessés, selon le Pentagone, qui menace de représailles. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre l’armée américaine depuis 2011.

• Les talibans ont pris le contrôle de plusieurs parties de l’aéroport de Kaboul vendredi, après avoir «condamné» les attentats.

La sécheresse, la pandémie de Covid-19 et le déplacement de populations provoqué par l’offensive des talibans, qui ont pris le contrôle du pays, «ont durement frappé les communautés rurales de l’Afghanistan, en particulier ses cultivateurs et éleveurs», s’alarme dans un communiqué l’agence des Nations Unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO).

Pas moins de 14 millions d’Afghans, dont deux millions d’enfants, souffrent actuellement d’insécurité alimentaire aiguë, soit un Afghan sur trois. Trois millions de bêtes sont menacées.

Plusieurs reporters et correspondants français en Afghanistan ont reçu des dizaines d’appels et messages désespérés d’amis et collaborateurs afghans (comme des fixeurs, guides et traducteurs, souvent des journalistes locaux) pour les aider à quitter leurs pays. Malgré des tentatives de liaisons avec l’ambassade française à Kaboul, ils déplorent n’avoir pu les aider, notamment depuis le départ de l’ambassade française, témoignent-ils sur Twitter.

“C’est fini. L’ambassade a quitté Kaboul”, déplore ainsi la journaliste française Laura-Maï Gaveriaux.“Nous n’avons plus aucun moyen de protéger nos amis. Une vallée de larmes”.

“Depuis 10 jours et 10 nuits nos téléphones saturent d’appels à l’aide. Messages whatsapp, photos et vidéos d’amis, contacts et collaborateurs afghans désespérés.
Ce matin certains sont silencieux. L’un d’eux m’envoie « merci quand même ». On a échoué. J’ai échoué”
, témoigne de son côté le journaliste d’Envoyé spécial et ancien correspondant de France 2 en Inde Pierre Monégier. Ce dernier avait réalisé un reportage sur les femmes afghanes quelques jours avant la prise de Kaboul par les talibans.

Depuis qu’ils ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août, plusieurs dirigeants talibans ont fait leur entrée publique dans Kaboul. Mais l’un d’eux continue à se faire d’une discrétion absolue : leur chef suprême, Haibatullah Akhundzada. Ce mollah spécialiste des questions judiciaires et religieuses est sorti de l’anonymat en mai 2016 pour prendre la tête du mouvement islamiste, qui était alors en proie à des luttes intestines.

On connaît peu de choses sur le rôle au quotidien d’Haibatullah Akhundzada, dont la communication se limite à de rares messages annuels à l’occasion des fêtes islamiques. Pour plusieurs analystes, il est plus symbolique qu’opérationnel. Les talibans n’ont diffusé qu’une seule et unique photo de lui. Il n’a jamais fait d’apparition publique et on ignore où il se trouve. Fils d’un théologien, originaire de Kandahar, coeur du pays pachtoune dans le sud de l’Afghanistan et berceau des talibans, cet érudit jouissait déjà avant même sa nomination à leur tête d’une grande influence en leur sein. Il dirigeait leur système judiciaire.

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Le chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada.

«Vous le verrez bientôt, si Dieu le veut», s’est contenté d’assurer cette semaine à la presse leur principal porte-parole, Zabihullah Mujahid. Les talibans ont depuis toujours l’habitude de laisser leur chef suprême dans l’ombre. Le fondateur du groupe, le mollah Omar, menait une vie d’ermite et allait rarement dans le capitale afghane du temps où le mouvement était au pouvoir dans les années 1990. Selon Laurel Miller, la cheffe du programme Asie de l’International Crisis Group, Haibatullah Akhundzada «semble avoir adopté un mode de vie similaire de reclus».

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À Bagdad (Irak), où il participe à une conférence régionale, dans un contexte de crise en Afghanistan, le Président français Emmanuel Macro a appelé à “ne pas baisser la garde” face à l’État islamique qui “demeure une menace”, notamment en Irak. Le groupe terroriste a revendiqué une attaque meurtrière à l’aéroport de Kaboul (Afghanistan) jeudi soir, ayant fait au moins 85 morts et plus de 160 blessés.

«Nous savons tous qu’il ne faut pas baisser la garde, car Daech (acronyme arabe de l’EI) demeure une menace et je sais que le combat contre ces groupes terroristes est une priorité de votre gouvernement», a dit Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec le premier ministre irakien, Moustafa al-Kazimi, à Bagdad, où doit débuter à la mi-journée un sommet avec des dirigeants du Moyen-Orient.

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Emmanuel Macron participe samedi à Bagdad à une conférence régionale, où les talibans au pouvoir en Afghanistan et le retour sur le devant de la scène du groupe Etat islamique (EI), auteur d’un attentat sanglant à Kaboul, seront l’objet de toutes les préoccupations.

Le président français veut montrer que la France conserve un rôle dans la région, poursuit la lutte contre le terrorisme et soutient les efforts de médiation de l’Irak, «pays pivot, essentiel à la stabilité du Moyen-Orient», explique l’Elysée.

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La France a mis fin vendredi soir à son pont aérien pour évacuer des Afghans menacés par les talibans de Kaboul vers Paris, ont annoncé la ministre des Armées et le chef de la diplomatie française. «L’opération Apagan, déclenchée le 15 août à la demande du Président de la République, a pris fin ce soir», a tweeté Florence Parly.

«En raison des menaces pour la sécurité à l’aéroport de Kaboul, nous continuons à conseiller aux citoyens américains d’éviter de se rendre à l’aéroport et d’éviter les portes de l’aéroport», a rappelé l’ambassade américaine.

Une passe d’armes de communication entre talibans et Américains avait alourdi la tension déjà très forte, à quelques jours de la date-butoir du 31 août prévue pour le retrait des soldats américains d’Afghanistan après 20 ans de guerre, synonyme de fin des évacuations.

Les nouveaux dirigeants du pays «ne s’occupent d’aucune des portes d’embarquement ni d’aucune des opérations à l’aéroport. C’est toujours sous le contrôle de l’armée américaine», a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

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L’ambassade des Etats-Unis à Kaboul a demandé vendredi aux ressortissants américains de quitter «immédiatement» les abords de l’aéroport dans une alerte de sécurité, au lendemain d’une attaque ayant fait au moins 85 morts.

«Les citoyens américains se trouvant en ce moment à Abbey Gate, East Gate, North Gate ou New Ministry of Interior Gate devraient partir immédiatement», a indiqué l’ambassade sur son site internet, sans donner plus de détails. La veille de l’attentat de jeudi, une alerte similaire avait été émise.

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Bienvenue dans ce direct. L’armée américaine a annoncé vendredi avoir mené une frappe de drone contre un «organisateur» de l’État islamique au Khorasan (EI-K), la branche afghane de Daech qui a revendiqué l’attaque meurtrière à l’aéroport de Kaboul.

«La frappe aérienne sans pilote s’est produite dans la province de Nangarhar en Afghanistan. Selon les premières indications, nous avons tué la cible», a précisé le commandant Bill Urban, du commandement central dans un communiqué, disant n’avoir connaissance «d’aucune victime civile».

>> Lire notre précédent direct : Le pont aérien de Kaboul fait toujours face à des «menaces précises et crédibles»

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