En Allemagne, l’heure des questions après les inondations – Le Monde

Spread the love
  • Yum
La chancelière allemande, Angela Merkel, et la présidente de Rhénanie-Palatinat, Malu Dreyer (à droite), à Schuld, le 18 juillet 2021, lors d’une visite dans les zones ravagées par les inondations.

Il en va toujours ainsi après une catastrophe : passé le temps de la sidération vient celui des interrogations. En Allemagne, la bascule a eu lieu dimanche 18 juillet, quand une journaliste a demandé à Angela Merkel si le terrible bilan des inondations ayant frappé la Rhénanie, trois jours plus tôt, n’était pas lié aux défaillances des systèmes d’alerte.

« Bien sûr que nous pouvons toujours mieux faire », a répondu la chancelière allemande. « Mais, dans certaines situations, les choses arrivent si vite que vous ne pouvez pas totalement échapper aux forces de la nature », a-t-elle ajouté, en saluant « l’héroïsme » des différents services de secours, civils et militaires, qui sont venus en aide aux sinistrés. Dimanche soir, le bilan provisoire était de 160 morts en Allemagne.

Reportage : « On a tout perdu. Mais au moins, il nous reste la vie » : Bad Neuenahr-Ahrweiler, ravagé par les inondations

Ce bref échange a eu lieu devant la mairie d’Adenau, petit bourg de Rhénanie-Palatinat, où Angela Merkel a tenu une conférence de presse après s’être rendue dans la commune voisine de Schuld, totalement ravagée par les inondations. « La langue allemande peine à trouver les mots pour décrire une telle dévastation », a déclaré la chancelière, dont l’intention, dimanche, n’était pas d’entrer dans un débat sur les responsabilités, mais de promettre une réponse rapide du gouvernement fédéral. Dès mercredi, celui-ci doit adopter, en conseil des ministres, une aide d’urgence d’environ 300 millions d’euros, avant un plan de reconstruction à plus long terme, qui devrait se chiffrer en milliards d’euros.

« Echec monumental » du système d’alerte

C’est une chercheuse britannique, Hannah Cloke, professeure d’hydrologie à l’université de Reading et membre de l’équipe ayant participé au développement du Système européen d’alerte pour les inondations (EFAS), qui a lancé la polémique sur les défaillances supposées des autorités allemandes. Interrogée, vendredi 16 juillet, par la chaîne publique ZDF, elle a déclaré que « tout était déjà prévisible plusieurs jours à l’avance » et que, « malgré cela, la chaîne d’alerte s’est rompue, de sorte que les gens n’ont pas reçu les avertissements nécessaires ». Une phrase de son intervention a été particulièrement relayée par les médias allemands : « Il n’est pas normal qu’en 2021 nous ayons à déplorer un si grand nombre de victimes. »

« Dans beaucoup d’endroits, les gens ont cru qu’il s’agissait de grosses pluies, mais ils n’ont pas pris la mesure de la gravité de l’événement » Gerd Landsberg, président de la Fédération allemande des villes et communes

Il vous reste 69.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: