Le président du parti centriste et l’ancienne députée européenne sont entendus sous le régime de l’audition libre, alors que Sylvie Goulard avait été entendue mardi.

Le Monde avec AFP Publié hier à 16h16, mis à jour hier à 16h46

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Marielle de Sarnez et François Bayrou lors d'une réunion publique, le 4 mars 2008, à la Mutualité, à Paris.

Marielle de Sarnez et François Bayrou lors d’une réunion publique, le 4 mars 2008, à la Mutualité, à Paris. PATRICK KOVARIK / AFP

L’enquête se poursuit dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’europarlementaires MoDem. François Bayrou et Marielle de Sarnez sont auditionnés depuis la matinée du mercredi 11 septembre par la police judiciaire, ont fait savoir plusieurs sources proches du dossier.

Le président du parti centriste et l’ancienne députée européenne sont entendus sous le régime de l’audition libre dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, ont précisé ces mêmes sources, alors que Sylvie Goulard, ex-eurodéputée et nouvelle commissaire européenne française, avait été entendue mardi dans le cadre de la même affaire. L’audition libre, à la différence de la garde à vue, se déroule sans coercition.

La justice cherche à savoir si des collaborateurs d’eurodéputés ont été rémunérés par des fonds publics du Parlement européen alors qu’ils étaient affectés à des tâches pour le parti centriste.

Démission du gouvernement de Goulard, Sarnez et Bayrou

Après une enquête préliminaire du parquet de Paris en mars 2017 visant une vingtaine d’eurodéputés de tous bords, puis une enquête visant le MoDem, une information judiciaire contre X, confiée à des juges d’instruction parisiens, avait été ouverte en juillet 2017 pour « abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries ».

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L’affaire avait conduit Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou à démissionner du gouvernement, moins d’un mois après leur nomination.

Après une perquisition du parti à l’automne 2017 et celle d’un ancien assistant de Mme Goulard, Stéphane Thérou, en avril dernier, l’affaire avait connu un rebondissement la semaine dernière après qu’Emmanuel Macron a choisi Mme Goulard comme nouvelle commissaire européenne française.

Son entourage avait alors confirmé des informations de presse, selon lesquelles Sylvie Goulard avait remboursé 45 000 euros brut au Parlement européen, correspondant aux salaires et aux charges de Stéphane Thérou, avait précisé une source proche de l’enquête judiciaire française. Le 30 août, le Parlement européen avait clos cette affaire, sans préciser le montant du remboursement.

Mardi, Mme Goulard a été entendue la première par les enquêteurs de l’OCLCIFF, au moment même où elle était désignée commissaire européenne au marché intérieur, avant les auditions concomitantes de Marielle de Sarnez et François Bayrou, mercredi.

« Enfin, on va pouvoir échanger et prouver, mettre en lumière les faits et rendre publique la vérité », a déclaré un membre de la direction du MoDem, Sarah El Haïry, selon qui « maintenant on va avoir l’occasion de répondre, on va pouvoir avancer ».

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