Emmanuel Macron veut faire émerger de nouveaux « talents » dans la haute fonction publique – Le Monde

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Comment faire en sorte que la haute fonction publique ressemble davantage à la population française ? Lors d’un déplacement à Nantes, jeudi 11 février, Emmanuel Macron devrait faire de premières annonces sur un thème relevant du chantier « Egalité des chances », que le gouvernement a ouvert en janvier. Le président de la République devrait annoncer la création, dès 2021, d’un concours spécifique, « Talents », dans cinq écoles de la fonction publique.

Ces établissements − Ecole nationale d’administration (ENA), Ecole nationale supérieure de la police, Ecole des hautes études en santé publique, Institut national des études territoriales, Ecole nationale d’administration pénitentiaire − ouvriront une voie réservée à des jeunes de milieux modestes, issus de classes préparatoires « Talents » qui doivent être créées sur tout le territoire. Evoquée par la ministre de la transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, dans Le Monde en octobre 2020, la création de cette voie dédiée est très symbolique.

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Cette question oppose en effet depuis vingt ans deux conceptions de l’égalité des chances. En 2001, Sciences Po Paris avait fait sensation en créant un accès particulier pour les élèves issus de zone d’éducation prioritaire (ZEP). Mais l’opposition des grandes écoles, attachées à l’existence d’un concours identique pour tous, avait figé les positions.

« Un enjeu d’exemplarité »

Emmanuel Macron bouscule le paysage, s’inspirant de l’expérience de Sciences Po Paris. Politiquement, il souhaite ainsi retrouver les mânes de sa campagne présidentielle : lors d’une visite en banlieue en mars 2017, il avait déclaré : « Moi, j’ai un ennemi, c’est l’assignation à résidence, les gens qui sont bloqués dans leur situation, le regard qui cantonne les gens à leur quartier, leur famille. » L’Elysée insiste sur le fait que « la promesse d’émancipation, l’égalité des chances, sont au cœur du projet d’Emmanuel Macron depuis 2017 », évoquant le dédoublement des classes de CP ou de CE1 ou le dispositif « Devoirs faits » au collège.

Mais la question demeure d’une acuité redoutable, ainsi que le mouvement des « gilets jaunes » de 2018-2019 et les inégalités accrues par l’actuelle crise sanitaire le démontrent. Le chef de l’Etat ne cesse d’y revenir, hanté par l’idée que le sommet de l’Etat s’éloigne dangereusement de la base. En décembre, il évoquait dans L’Express « les jeunes et les moins jeunes [qui] ont le sentiment d’aider à faire tourner le pays mais de ne pas se retrouver dans les médias, dans la haute fonction publique, ils ont l’impression d’être effacés ». En regard, souligne l’Elysée, le manque d’ouverture « se traduit par le monopole de certaines filières de préparation aux concours », ce qui installe des biais en matière de « ressemblance, de mimétisme, de codes propres à certains milieux sociaux ».

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