Emmanuel Macron présente son plan contre « le séparatisme islamiste » – Le Monde

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Emmanuel Macron aux Mureaux (Yvelines), le 2 octobre.

« Ce à quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste. » Emmanuel Macron a tenté de mettre fin, vendredi 2 octobre, à l’occasion d’un discours prononcé depuis l’hôtel de ville des Mureaux (Yvelines), à des mois de tergiversations, de débats sémantiques et de querelles internes à l’exécutif. Le chef de l’Etat, accusé d’avoir « du mal à prononcer le mot islamisme », selon le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a tenu à poser clairement sa doctrine. Il entend donc lutter contre « l’islamisme radical », cette « idéologie » qui « affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République », et tente parfois « de verser le sang, comme vendredi [25 septembre], à proximité des [anciens] locaux de Charlie Hebdo ».

Un « projet conscient, théorisé », selon le chef de l’Etat, « qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République, se traduit souvent par la constitution d’une contre-société et donc la déscolarisation des enfants, le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées, l’endoctrinement ». Autant de problèmes auxquels l’exécutif prétend répondre à travers un projet de loi, qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre et devrait être baptisé « laïcité et libertés ». « L’islam est une religion qui vit une crise aujourd’hui partout dans le monde », a assuré M. Macron.

Combattre les « ingérences étrangères »

Avec ce texte, le locataire de l’Elysée veut déclencher un « réveil républicain ». Dans le domaine éducatif, d’abord. Pour éviter le phénomène « des écoles illégales, souvent administrées par des extrémistes religieux », il a annoncé que, « dès la rentrée 2021 », l’instruction au sein d’une école sera rendue obligatoire pour tous dès 3 ans. L’enseignement à domicile, qui concerne près de 50 000 enfants, devra dorénavant être limité aux impératifs de santé. « Une décision forte, a-t-il vanté. Sans doute l’une des plus radicales depuis les lois Ferry de 1882 et celle assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969. » Le chef de l’Etat entend aussi renforcer l’encadrement des écoles hors contrat, « parce que l’école doit d’abord inculquer les valeurs de la République non celles d’une religion, former des citoyens, non des fidèles ».

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M. Macron a par ailleurs confirmé sa volonté de combattre les « ingérences étrangères » en mettant fin au dispositif d’enseignement de langue et de culture d’origine (ELCO), ces cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par des gouvernements d’autres pays. Une décision déjà prise en 2016 par Najat Vallaud-Belkacem, et mise en œuvre partiellement en 2017.

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