Emmanuel Macron giflé : A quoi fait référence l’expression « Montjoie Saint-Denis » prononcée par l’agresseur du chef de l’Etat – 20 Minutes

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Emmanuel Macron giflé : A quoi fait référence l’expression « Montjoie Saint-Denis » prononcée par l’agresseur du chef de l’Etat — Capture d’écran Twitter

L’agresseur d’Emmanuel Macron avait-il les références à l’esprit en prononçant ces mots avant de gifler le président de la République ce mardi, dans la Drôme ? Cela n’a pas encore été établi. Mais l’expression « Montjoie Saint-Denis » utilisée par cet homme placé en garde à vue pour son geste, fait bien référence à un cri de guerre des armées royales au Moyen Âge, devenu un slogan de ralliement royaliste.

Ce cri des armées royales françaises remonte au temps des Capétiens. Il aurait été crié pendant la bataille de Bouvines en 1214, par les forces de Philippe II Auguste contre celles de Otton IV, l’empereur du Saint Empire romain Germanique.

« Le cri fait référence à l’oriflamme royal »

« Montjoie » désigne la bannière derrière laquelle se rassemble l’armée médiévale, lorsqu’elle monte au combat. Et « le cri fait référence à l’oriflamme royal, conservé à Saint-Denis, où sont également enterrés les rois », souligne Florian Besson, docteur en histoire médiévale et animateur sur Twitter du compte @AgeMoyen.

Une légende citée par l’Encyclopédie Universalis rapporte par ailleurs que le roi Clovis aurait été victorieux à « Montjoye », près de Saint-Denis, grâce à un écu portant trois fleurs de lys d’or sur un fond azur. Un miracle qui aurait été commémoré par le cri de guerre « Montjoie Saint-Denis ! ». Cette bannière était dès lors devenue l’étendard du royaume.

Quant à l’origine du mot « mont-joie », elle est liée, selon l’Encyclopédie Universalis, aux mont-joies, ces petits tas de pierre que l’on trouve encore aujourd’hui au col d’une montagne. Au Moyen-âge, ce mot désignait aussi une colline, un oratoire ou un territoire à protéger.

Un cri nationaliste

Le cri est abandonné à partir du XVIe siècle. Puis « il devient un mot de ralliement politique avec la naissance du royalisme en 1789 », écrit sur Twitter Paul Chopelin, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Jean Moulin à Lyon.

Au XIXe siècle, il est redécouvert et réinventé. L’historien Jules Michelet, grand inventeur du « roman national » en fait ainsi « le cri de la France ». Il s’agit d’une « vision évidemment anachronique qui surestime largement l’importance de ce cri, mais comme bien souvent les idéaux nationalistes de l’époque », estime Florian Besson.

« Quand les chevaliers utilisaient ce cri, ils ne pensaient pas en termes de France, mais en termes de royaume. Mais pour Michelet c’est très important de trouver un « cri de la France » dès le 12ème siècle », dit-il.

Entendu dans « Les Visiteurs »

Plus récemment, ce cri avait pris une teinte folklorique après avoir été popularisé par le film Les Visiteurs (1993). Le chevalier Godefroy de Montmirail, joué par Jean Reno, y lance « Montjoie Saint-Denis, que trépasse si je faiblis », en chargeant des gendarmes.

Le député LFI Eric Coquerel (La France Insoumise) avait été entarté en avril 2018 par trois étudiants, alors membres de l’Action française, au cri de « Montjoie Saint-Denis ! ». La fédération francilienne d’Action française avait alors revendiqué l’action sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, le chœur « Montjoie Saint-Denis », composé d’hommes costumés en mousquetaires ou en militaires, était un des piliers des fêtes du Front national.

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