Emeutes après la mort d’Adama Traoré : son frère Bagui acquitté aux assises – franceinfo

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Cinq personnes étaient jugées depuis le 21 juin à Pontoise pour des tirs d’armes à feu sur les forces de l’ordre à Persan et Beaumont-sur-Oise au cours des nuits de violences urbaines particulièrement intenses après la mort d’Adama Traoré en 2016.

Article rédigé par

France Télévisions

Publié Mis à jour

Temps de lecture : 2 min.

Détenu depuis quatre ans et demi, il a toujours clamé son innocence. Bagui, le frère d’Adama Traoré, mort en 2016 lors de son interpellation par les gendarmes, a été acquitté, vendredi 9 juillet, par la cour d’assises du Val-d’Oise. Il était jugé pour son rôle présumé dans les émeutes urbaines qui avaient suivi la mort de son frère. Au terme de ce procès entamé le 21 juin, l’avocat général avait requis l’acquittement : “Je ne suis pas là pour faire des hypothèses, je n’ai pas de preuves. Et quand on n’a pas de preuves, on en tire les conséquences”.

Bagui Traoré faisait partie de cinq personnes jugées depuis le 21 juin à Pontoise pour des tirs d’armes à feu sur les forces de l’ordre à Persan et Beaumont-sur-Oise, au cours de violences urbaines particulièrement intenses les nuits qui ont suivi la mort de son frère, le 19 juillet 2016. Outre Bagui Traoré, son ex-compagne ainsi qu’un homme accusé d’avoir été l’un des tireurs ont été acquittés. Deux hommes ont été en revanche condamné à 12 ans de réclusion criminelle et et huit ans d’emprisonnement dont un an avec sursis pour tentatives de meurtre sur des gendarmes.

“La justice ne peut pas se passer de preuves, or c’est ce qu’il s’est passé dans le cas de Bagui Traoré”, a déclaré le président de la cour Marc Trévidic en lisant la motivation du verdict, prononcé après une trentaine d’heures de délibération dans ce dossier “hors normes” aux 13 000 pièces cotées et quelque 90 parties civiles.

L’ancien juge antiterroriste a eu des mots particulièrement durs pour l’enquête de police qui a désigné Bagui Traoré comme tireur ou donneur d’ordres lors des émeutes et a abouti, au terme de cinq ans de procédure, à son renvoi devant les assises. “Personne, ni dans la procédure ni à l’audience, n’a indiqué l’avoir vu tirer sur des forces de l’ordre ou même s’être tenu à proximité d’un tireur. De même, personne ne l’a entendu donner des consignes ou avoir fourni une arme à feu, a-t-il détaillé. L’enquête en était restée aux simples hypothèses et un débat sur de simples hypothèses a certainement sa place dans un bureau d’enquêteurs mais pas devant une cour d’assises”.

Dans ses plaidoiries mercredi, la défense de Bagui Traoré a pour sa part fustigé un “naufrage” de l’institution judiciaire et accusé les enquêteurs de l’avoir ciblé pour “faire diversion” à la mort de son frère Adama. Un drame toujours en cours d’instruction et dont l’ombre a hanté tout le procès.

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