« Elle est non coupable » : au procès de Valérie Bacot, ses enfants prennent sa défense – Le Monde

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Croquis d’audience de Kevin, Dylan et Karline Polette, lors du procès de leur mère, Valérie Bacot, devant les assises de Saône-et-Loire, le 22 juin 2021.

Ils avaient vu le corps inerte de leur père, tué d’une balle dans la nuque par leur mère, enroulé dans une couette, face contre terre ; ils avaient transporté son cadavre et creusé sa tombe au milieu de la nuit dans un bois situé à quelques kilomètres de leur domicile. Et pourtant, pendant les semaines, les mois qui ont suivi la mort de Daniel Polette, le 13 mars 2016, les deux fils aînés du couple ont vécu hantés par la crainte de voir leur père resurgir et « revenir nous tuer », a confié l’aîné, Dylan Polette, 22 ans.

« On avait peur qu’il nous retrouve, quand on est rentré cette nuit-là, on s’est tous fait un câlin pour se rassurer, après, on a campé tous ensemble pendant plusieurs jours dans le salon », a raconté Kevin Polette, le cadet, 21 ans. Ils ont quitté la maison familiale peu après le drame. « On ne pouvait pas rester, on le [Daniel Polette] voyait partout, a résumé la mère. On est resté longtemps pas bien, comme s’il était encore vivant, on entendait sa voix, on sentait son odeur… »

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Mardi 22 juin, au deuxième jour d’audience du procès de Valérie Bacot pour l’assassinat de son mari – son ex-beau-père qui l’avait violée alors qu’elle avait 12-13 ans – aux assises de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône, les trois enfants Polette (le quatrième est encore mineur) ont pris la défense de leur mère, dont ils sont restés très proches. « Elle est non coupable, elle a souffert pendant des années, on n’avait l’aide de personne, on était enfermé, (…) on n’avait pas le droit de faire des activités, pas le droit de voir des copains, en rentrant de l’école on devait être dans notre chambre, tout le temps on se faisait engueuler, on se faisait taper, a déclaré le fils cadet. Vous vouliez qu’on fasse quoi ? Avec Lucas [le petit ami de la sœur], on avait été au commissariat [à la gendarmerie en réalité], ça n’avait rien donné. »

« Je pense qu’à force, c’est elle qui serait morte sous les coups de la violence », a assuré Dylan Polette

« Aurait-on pu faire autrement ? Pas que je sache, a répondu l’aîné à l’avocat général. Mon frère est allé voir les gendarmes, ma sœur aussi, et ils n’ont rien fait. Je ne sais pas comment ça aurait pu finir autrement. (…) Je pense qu’à force, c’est elle qui serait morte sous les coups de la violence. » Les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de leurs passages aux gendarmeries de Paray-le-Monial et La Clayette.

Un huis clos familial empreint de violences

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