Elisa Pilarski a été tuée par le chien de son compagnon et non par un chien de chasse, annonce le parquet – Le Monde

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Le mystère pesant depuis un an sur la mort d’Elisa Pilarski dans une forêt de l’Aisne près d’une chasse à courre a été levé. Selon les expertises menées, la victime, enceinte, a été tuée par le chien de son compagnon et non par des chiens de chasse, a annoncé le parquet mardi 3 novembre. 

« Les opérations de recherche d’ADN et de comparaisons avec les traces retrouvées sur les prélèvements effectués sur les différents chiens » ont fait apparaitre que « l’ADN de la victime est présent à partir de traces de sang prélevées en différents points de la gueule et de la tête du chien Curtis », précise le communiqué du parquet. « Aucune trace d’ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n’a été retrouvée », ajoute-t-il. Par ailleurs, « aucune trace de morsure n’a été relevée que ce soit sur les chiens de chasse ou sur le chien Curtis , ce qui permet d’exclure un conflit direct entre la meute et ce dernier ».

A la suite du drame, Christophe Ellul, le compagnon d’Elisa Pilarski avait mis en cause la meute de chasse, affirmant qu’Elisa l’avait appelé se disant « attaquée par plusieurs chiens ».

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Illégalement importé

Curtis a également été incriminé par le rapport de deux experts vétérinaires, portant sur son « origine et comportement » et « sur une analyse des morsures » relevées sur le corps, ajoute le parquet. L’animal, un « american pitbull terrier, provenant d’un élevage des Pays-Bas et introduit illégalement en France par son acquéreur » a « fait l’objet d’un dressage au mordant, forme d’apprentissage interdite en France et pouvant relever d’actes de maltraitance animale », et « de nature à abolir toute capacité de contrôle ou de discernement » chez l’animal, précise le communiqué.

Elisa Pilarski, 29 ans, était partie se promener en forêt de Retz avec ce chien, qu’elle connaissait peu selon Me Cathy Richard, l’avocate de sa mère. Elle avait été découverte morte par son compagnon, victime d’après l’autopsie d’une « hémorragie consécutive à plusieurs morsures ».

« Sur l’ADN, c’est un rapport que nous avons attendu très longtemps et ces longs délais sont pour moi suspects. J’attends plus d’informations sur la manière dont les experts ont travaillé et la méthodologie et je ne souhaite pour l’instant pas me prononcer », a réagi pour sa part l’avocat du compagnon, Me Alexandre Novion.

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Vive controverse

Une vive controverse s’était engagée autour du drame, des opposants à la chasse à courre accusant rapidement les veneurs présents. « Mon honneur est enfin lavé ! » a commenté le maître d’équipage du Rallye la Passion, Sébastien van den Berghe, témoin assisté dans cette affaire. Il a renouvelé l’expression de toute sa « compassion à la famille de la victime », qui « mérite un deuil le plus paisible possible ».

Pierre de Roüalle, président de la Société de vènerie – regroupant de nombreux équipages de chasse à courre français –, a appelé à tirer les leçons du traitement de cette affaire, accusant les « mouvements animalistes » de l’avoir instrumentalisée « de manière ignoble ».

« Je souhaite qu’enfin, les théories complotistes cessent et que le calme revienne, calme que mes clients réclament depuis longtemps », a espéré l’avocate de la mère d’Elisa.

Une information judiciaire contre X est en cours pour « homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence (…) résultant de l’agression commise par des chiens ».

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Le Monde avec AFP

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