Elections sénatoriales en Géorgie : bien placés, les démocrates espèrent contrôler le Sénat américain – Le Monde

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Dépouillement des votes dans un centre d’Atlanta, mardi 5 janvier.

Le décompte a commencé, le suspense aussi. Le dépouillement des votes de la double élection sénatoriale dans l’Etat américain de Géorgie a débuté dans la soirée de mardi à mercredi 6 janvier, pour déterminer à qui reviendront les deux sièges mis en jeu.

Avec cinquante sièges aujourd’hui en leur faveur, contre quarante-huit pour leurs adversaires, les républicains garderont leur majorité au Sénat s’ils parviennent à conserver un seul des deux en jeu en Géorgie. Mais les deux candidats démocrates étaient en bonne position pour l’emporter. « Cette élection va être très serrée », ont mis en garde dans l’après-midi les deux sénateurs républicains sortants, David Perdue et Kelly Loeffler.

En tête après le dépouillement de plus de 95 % des bulletins, le démocrate Raphael Warnock a revendiqué la victoire face à Kelly Loeffler, même si aucune grande chaîne de télévision n’a confirmé.

L’autre démocrate en lice, Jon Ossoff, semblait également en mesure de créer la surprise en l’emportant de justesse dans ce grand Etat du Sud traditionnellement conservateur face à l’autre sénateur républicain sortant, David Perdue.

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Mobilisation des électeurs démocrates

A quelques heures d’une réunion du Congrès mercredi visant à formaliser la victoire de Joe Biden lors du scrutin du 3 novembre, ces résultats sont encourageants pour le président élu, qui espère commencer son mandat, le 20 janvier, avec tous les leviers du pouvoir.

S’ils se confirment, ces résultats seraient un camouflet pour le Grand Old Party, qui, après avoir perdu la Maison Blanche, verrait la prestigieuse Chambre haute lui échapper. Ils seraient aussi un revers pour Donald Trump, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et dont l’attitude consistant à se réfugier derrière des théories du complot sur la fraude a été largement contre-productive, selon certains dans son camp.

Galvanisés par la victoire de Joe Biden dans l’Etat, le 3 novembre, une première depuis 1992, les démocrates ont réussi à mobiliser leurs électeurs, en particulier afro-américains, clés pour toute victoire démocrate.

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« Tout se joue aujourd’hui »

Le scrutin de mardi est aussi historique à de nombreux égards. Raphael Warnock deviendra, si sa victoire se confirme, le premier sénateur noir de l’histoire de la Géorgie. Jon Ossoff deviendrait, lui, à 33 ans, le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden (en 1973). « Tout se joue aujourd’hui », avait prévenu l’ancien vice-président de Barack Obama qui deviendra dans moins de trois semaines le 46e président des Etats-Unis et compte bien marquer la rupture avec Donald Trump.

Avec une double victoire en Géorgie, les démocrates auraient 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente, Kamala Harris, aurait le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

Plus de trois millions d’électeurs, un nombre record pour une sénatoriale partielle en Géorgie, avaient pu voter par anticipation, soit quelque 40 % des inscrits dans l’Etat. Au total, 832 millions de dollars ont été dépensés dans la campagne, selon le Center for Responsive Politics, un organisme indépendant.

Signe des grands enjeux, les présidents élu et sortant avaient fait lundi le déplacement sur le terrain pour donner de la voix. Ces élections partielles pourraient être « votre dernière chance de sauver l’Amérique telle que nous l’aimons », a ainsi tonné à Dalton Donald Trump. « Je n’aurais jamais cru que nous gagnerions ces élections en Géorgie », a tweeté Rufus Gifford, ancien haut responsable de la campagne de Joe Biden. « Merci beaucoup Donald Trump », a-t-il ajouté sur un ton ironique.

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Pressions de Donald Trump

Dans une semaine particulièrement chargée et lourde d’enjeux, le Congrès se réunira mercredi en début d’après-midi pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden (306 contre 232). L’issue de cette obligation constitutionnelle ne fait aucun doute : Joe Biden deviendra président.

Mais la croisade de Donald Trump donne à cette journée une tonalité particulière. Si certains poids lourds républicains ont fini par admettre la victoire du démocrate, le président sortant compte sur le soutien indéfectible de dizaines de parlementaires. Ces élus ont promis d’exprimer leurs objections mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole.

M. Trump a de nouveau fait pression mardi sur son vice-président, Mike Pence, auquel reviendra le rôle protocolaire de déclarer Joe Biden vainqueur. « Le vice-président a le pouvoir de rejeter les grands électeurs choisis de façon frauduleuse », a tweeté le président, à tort.

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Dans la rue, une grande manifestation de soutien à Donald Trump est prévue à Washington. Tenant des drapeaux au nom du milliardaire, des centaines de sympathisants se sont déjà rassemblés dans la capitale lundi. Le président sortant a confirmé qu’il s’exprimerait devant eux mercredi à 11 heures locales (17 heures à Paris) depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison Blanche.

Joe Biden, lui, s’est largement gardé de commenter cette pression sans précédent autour d’une journée qui relève d’ordinaire d’une formalité. Mercredi, il a prévu de faire un discours… sur l’économie.

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Le Monde avec AFP

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