François-Xavier Bellamy en meeting à Paris, Porte Maillot, le 15 mai 2019. — Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

  • Les Républicains, cantonnés à la troisième place dans les sondages pour l’élection européenne du 26 mai, veulent sortir du match Macron-Le Pen.
  • En meeting à Paris ce mercredi, les ténors du parti sont venus défendre cette « troisième voie » devant près de 4.000 sympathisants.
  • La tête de liste, le philosophe François-Xavier Bellamy, remporte l’adhésion des militants LR.

Porte Maillot, à deux pas de la banlieue ouest de Paris, Les Républicains jouent un peu à domicile ce mercredi soir. Les électeurs ont placé François Fillon en tête au premier tour de la présidentielle en 2017. La campagne pour l’élection européenne du 26 mai a redonné des couleurs au parti. Mais il peine à se faire une place dans le match Macron-Le Pen.

« Ils pensaient que la droite était morte et pourtant vous êtes là », lance Geoffroy Didier, directeur de la campagne. Dans la salle comble du Palais des congrès (près de 4.000 places), les retraités sont légion au meeting de François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti de Laurent Wauquiez. « Y a trop de vieux ! », nous lance l’un d’entre eux. Pourtant, de nombreux très jeunes militants sont venus donner de la voix et faire baisser la moyenne d’âge.

Une campagne « relativement inaudible »

Relégué en troisième position dans les sondages, loin derrière le Rassemblement national et la majorité présidentielle, LR revient aux fondamentaux : le contrôle de l’immigration, la maîtrise de la dépense publique, la défense de la « civilisation » européenne (un mot qui rythme le meeting).

Dans la salle, des drapeaux tricolores et européens s’agitent au-dessus de têtes grisonnantes. « J’espère que Bellamy va nous apporter un nouvel élan », lance Catherine, retraitée. Quelques rangées plus loin et affichant quelques années de moins, Jules et Manon, militants depuis 2013, veulent y croire. « Malgré deux années compliquées depuis 2017, LR se remet en état de marche », analyse Jules, mais il regrette que la campagne LR « reste relativement inaudible » à côté « du duel progressistes-nationalistes installé par LREM ».

Pour se faire entendre, les ténors du parti se succèdent à la tribune. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, tape autant sur le RN que sur la majorité présidentielle. Puis c’est le président du Sénat Gérard Larcher qui tonne en brandissant les poings : « Attention à cette stratégie du pire ! Je refuse cette tentation manichéenne, il y a une autre voie, c’est la nôtre, celle des Républicains et des centristes ensemble ! »

Lutte contre l’islamisme et la « marchandisation du corps humain »

Puis Laurent Wauquiez attaque sur « la lutte contre l’islamisme » et pour « l’interdiction de la marchandisation du corps humain et de la procréation », devant une salle conquise. Une salle qui scande le nom de François-Xavier Bellamy. « Je ne m’y habitue toujours pas », glisse celui que les militants LR louent pour sa « candeur » et sa « sincérité ». « Il parle avec son cœur », s’enthousiasme Hugues, des Jeunes avec Bellamy.

Le philosophe évoque lui aussi cette troisième voie : « Marine Le Pen veut battre Emmanuel Macron. Emmanuel Macron veut battre Marine Le Pen. Nous nous voulons répondre aux inquiétudes des Français. » Puis l’adjoint au maire de Versailles embraye sur la « mondialisation débridée » qu’il faut « rééquilibrer », puis sur l’écologie et sur l’immigration « que nous n’avons pas su intégrer ».

« Je voudrais dire un mot à tous les jeunes, nombreux ce soir », lance alors François-Xavier Bellamy, avant de conclure en citant l’écrivain Georges Bernanos. Le meeting s’achève avec une Marseillaise, les militants scandent toujours le nom de leur tête de liste. « C’est rafraîchissant », conclut un retraité à la sortie. Cela suffira-t-il à quitter cette troisième place de l’élection ? « On peut être deuxième si on fait revenir ceux qui sont partis chez Macron et si on convainc les partisans de la souveraineté nationale », veut croire un jeune militant.

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