Elections américaines : Kamala Harris, première femme élue à la vice-présidence des Etats-Unis – Le Monde

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Kamala Harris, lors d’un rassemblement à Philadelphie (Pennsylvanie), le 2 novembre 2020 .

Kamala Harris n’est pas une inconditionnelle de l’adjectif « première » : première femme, première Afro-américaine, première Américaine d’origine indienne… Pendant la campagne, on ne peut pas dire d’ailleurs qu’elle en ait abusé. Là où Hillary Clinton, dans sa seconde tentative pour conquérir la Maison Blanche, ne négligeait pas de recourir à ce que les républicains appellent péjorativement la « carte femme », la colistière de Joe Biden met rarement le sujet en avant.

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Kamala Harris a d’ailleurs une réponse toute faite à qui lui demande comment elle vit son parcours de briseuse de plafond de verre : « Ma mère le disait souvent : Kamala, tu es peut-être la première à faire beaucoup de choses, mais assure-toi surtout que tu n’es pas la dernière. »

A sa biographie, Kamala Harris va néanmoins pouvoir désormais ajouter « première femme élue à la vice-présidence » des Etats-Unis. Comme Barack Obama, en 2008, elle va entrer dans l’histoire américaine.

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Si le pays de John Adams (le premier vice-président, sous George Washington) a déjà eu une candidate à la magistrature suprême – Hillary Clinton – et plusieurs candidates à la vice-présidence – dont la démocrate Geraldine Ferraro en 1984 et la républicaine Sarah Palin en 2008 –, Kamala Harris est la première à avoir été élue à la deuxième fonction la plus importante de la république américaine. Elle va occuper le 1, Observatory Circle, la résidence des vice-présidents dans la propriété de l’Observatoire naval, à 4 km de la Maison Blanche.

Kamala Harris s’inscrit dans une lignée de 49 vice-présidents depuis 1789 (tous des « mâles blancs », selon l’expression employée aux Etats-Unis). Elle a eu 56 ans le 6 octobre. L’âge de Joe Biden – 77 ans – donne au choix de sa colistière une signification particulière.

Une histoire familiale unique

A ce jour, neuf vice-présidents ont été amenés à occuper le bureau Ovale : soit qu’ils aient été élus eux-mêmes, soit qu’ils aient été amenés à remplacer le président. Ainsi Harry Truman après la mort de Franklin Roosevelt en 1945, Lyndon Johnson, après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963 ou encore Gerald Ford, entré dans les mémoires pour son message à la nation après la démission de Richard Nixon en 1973, message que les partisans de Joe Biden reprennent à leur compte aujourd’hui : « Notre long cauchemar national est terminé. »

Joe Biden et Kamala Harris, à Milwaukee (Wisconsin), le 20 août 2020.

Dès 2015, Kamala Harris a été décrite par le Washington Post comme « l’Obama au féminin ». Le parallèle est tentant. Comme lui, elle est issue d’un métissage, qui préfigure les Etats-Unis de demain. Comme lui, elle possède une histoire familiale unique, qu’elle présente comme l’accomplissement du rêve américain. Ses parents, tous les deux étudiants étrangers, se sont rencontrés à Berkeley, au début de la lutte pour les droits civiques. Elle, Indienne. Lui, Jamaïcain. Sa mère, Shyamala Gopalan, fille d’un diplomate indien, est devenue une spécialiste du cancer du sein. Son père, Donald Harris, a obtenu une chaire de professeur d’économie à Stanford.

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