Elections américaines : après la victoire de Joe Biden, des scènes de liesse aux Etats-Unis – Le Monde

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Des milliers d’Américains ont commencé à célébrer, samedi 7 novembre, la victoire de Joe Biden, exprimant leur joie par des cris et des concerts de klaxons quelques minutes après l’annonce de l’élection du candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis.

Suivez la situation en direct : Joe Biden promet d’être « le président de tous les Américains » ; scènes de liesse dans le pays

A Washington, sous un soleil quasiment estival, la foule affluait vers la Maison Blanche et la Black Lives Matter Plaza, une partie de l’artère menant à la résidence présidentielle ainsi renommée au printemps pour dénoncer les violences policières contre les Afro-Américains.

La capitale fédérale est un bastion démocrate. Les panneaux à l’effigie de Joe Biden et de Kamala Harris, la vice-présidente élue, sont fièrement portés par leurs supporteurs démocrates, tous masqués et au nombre de plusieurs milliers. « Je suis comblée, extrêmement heureuse et tellement fière que nous allions dans une direction différente », dit Amy Berger, 40 ans, sortie avec son fils dans un quartier plus résidentiel.

Sur Black Lives Matter Plaza, à Washington, le 7 novembre 2020.

A New York, ville d’origine de Donald Trump, ce sont les mêmes scènes de célébrations. Les rues de Manhattan retentissent de cris et de klaxons, les habitants sont sortis dans la rue ou sur leur balcon, frappant souvent sur des casseroles, dans des scènes qui rappelaient les hommages rendus aux soignants lors de la première vague de coronavirus, au printemps.

Spontanément, sous un soleil radieux, des milliers de personnes ont convergé vers des points stratégiques, à Columbus Circle, en bordure de Central Park, à Times Square ou encore devant la Trump Tower, QG de la Trump Organization sur la 5e Avenue où habitait Trump jusqu’à son départ pour Washington en 2016.

« Ça a été quatre ans de souffrances, c’est un homme odieux, vraiment odieux, Je suis si heureuse qu’il s’en aille, même si maintenant on va devoir se soucier de tous les gens qui ont voté pour lui, car eux sont toujours là », dit Jacqueline Brown, 58 ans, professeure d’université venue à vélo rejoindre la foule à Columbus Circle.

« Je suis submergé par la joie, dit aussi Bernie Jacobs, 84 ans, qui prenait ses bagels et son café à côté de la Trump Tower. Tous les matins, on vient ici et on critique Trump, ça durait depuis quatre ans, c’était trop. On le détestait dès le premier jour où il est arrivé au pouvoir (…). Il a été un président de rien du tout, avec un ego surdimensionné et zéro talent. »

A Times Square, à New York, le 7 novembre 2020.

Dans l’est d’Atlanta, capitale de l’Etat de Géorgie et bastion démocrate, les cris et les feux d’artifice se multipliaient à mesure que se propageait l’annonce de la victoire de Joe Biden. Emmi Braselton, 37 ans, graphiste indépendante d’Atlanta, se promène avec sa fille Sylvie, âgée de 2 ans, qui lui a demandé : « C’est quoi, tout ça, maman ? » « Je lui ai dit : “Le gentil a gagné.” Et aussi : “Il y a désormais une femme à la vice-présidence”. Elle m’a répondu : “Je veux être présidente” », raconte-t-elle.

A Atlanta (Géorgie), le 7 novembre 2020.

A Louisville, dans le Kentucky, des soutiens du président élu se retrouvent dans leurs jardins pour trinquer au champagne. Dans le fief de Joe Biden, Wilmington, ville tranquille du Delaware, des célébrations ont également commencé. Dans l’hôtel Westin tout proche du QG, la famille et l’équipe de campagne du président élu de 77 ans donnaient libre cours à leur joie. « Je jubile », a indiqué à l’Agence France-Presse Jim Biden, frère cadet de Joe Biden.

A Wilmington (Delaware), le 7 novembre 2020.

Du côté des soutiens de Donald Trump, dont certains manifestent depuis des jours devant des bureaux de vote où le dépouillement est encore en cours, on ne veut pas croire que les jeux sont faits. « Ce n’est pas fini ! Ce n’est pas fini ! Fake news ! », chante un groupe réuni devant le bâtiment du gouvernement local à Atlanta.

Des soutiens de Donald Trump, à Atlanta (Géorgie), le 7 novembre 2020.

Après l’annonce de la victoire de Joe Biden, Jake Angeli, habitué des rassemblements pro-Trump à Phoenix, en Arizona, a hurlé : « Cette élection n’est pas terminée ! Ne croyez pas ce mensonge ! Nous irons à la Cour suprême ! » Chris Marks, venu du Michigan, ne croit pas non plus que les votes aient été correctement comptés. Il pense que les bulletins doivent être recomptés ou qu’une nouvelle élection soit organisée.

Jake Angeli, à Phoenix (Arizona), le 7 novembre 2020.

« Je ne pense pas que la course soit terminée, je pense que des trucs pas nets se trament », affirme Paul Petrillo de Yardley, en Pennsylvanie. Lui aussi croit que la Cour suprême doit intervenir. « Je suis surpris qu’ils n’aient pas déclaré le vainqueur avant l’élection », ironise-t-il.

Samedi, Donald Trump a accusé Joe Biden de se « précipiter pour se présenter faussement » en vainqueur de la présidentielle. « Nous savons tous pourquoi [l]es alliés [du candidat démocrate] dans les médias tentent avec autant d’efforts de l’aider : ils ne veulent pas que la vérité éclate », a écrit le président américain sortant dans un communiqué. « Le constat simple est que cette élection est loin d’être terminée », a-t-il martelé.

Globalement toutefois, dans tous les Etats-Unis, ce sont surtout les démocrates qui sont descendus dans la rue pour célébrer la fin de ce qui représentait pour eux quatre ans de crises constantes, de chaos et de tensions.

Les Américains ont attendu quatre jours avant de connaître le nom de leur futur président. La course a été serrée, dans un pays extrêmement divisé. Les chaînes de télévision américaines ont fini par annoncer samedi que Joe Biden avait franchi le seuil de 270 grands électeurs qui lui permettra d’entrer à la Maison Blanche en janvier 2021.

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Le Monde avec AFP, AP et Reuters

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