Elections américaines : à la convention républicaine, Mike Pence campe sur le slogan de « la loi et l’ordre » – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Le vice-président américain, Mike Pence, lors de la troisième soirée de la convention républicaine à Baltimore (Maryland), le 26 août.

Les drames à répétition de Kenosha, dans le Wisconsin, n’ont pas percé la bulle de la convention d’investiture républicaine. Les très graves blessures d’un Afro-Américain, après qu’un policier lui avait tiré sept balles dans le dos en présence de ses enfants, dimanche, puis le meurtre de deux manifestants par un jeune d’extrême droite, deux jours plus tard, n’ont pratiquement pas été évoqués, mercredi 26 août. En bonne partie pour des raisons techniques. Donald Trump avait moqué les discours enregistrés diffusés lors de la convention démocrate, une semaine plus tôt, mais seule l’intervention du vice-président Mike Pence a été prononcée en direct au cours de la troisième soirée de la convention.

Dans son discours d’acceptation de l’investiture de son parti, ce dernier, comme la tâche en incombe traditionnellement au vice-président, s’est lancé dans un plaidoyer opiniâtre, faute d’être passionné, du bilan du président. Il a dressé ensuite un tableau dramatique d’une Amérique dirigée par le candidat démocrate Joe Biden, présenté comme « le cheval de Troie de la gauche radicale ».

L’incapacité des républicains de réagir à vif aux événements de Kenosha a découlé aussi de leur choix de privilégier la réponse sécuritaire, de nier un racisme systémique et de marteler le slogan de « la loi et l’ordre » au lieu de prendre en compte des fractures provoquées par les violences policières. Seul capable physiquement de le faire, Mike Pence n’a pratiquement pas dévié de cette ligne. « La violence doit cesser, que ce soit à Minneapolis, à Portland ou à Kenosha », a-t-il dit sans mentionner une seule fois le nom des victimes des forces de police, à commencer par George Floyd, mort le 25 mai, ni le fait qu’un militant d’extrême droite était à l’origine des meurtres de mardi et non des protestataires.

Lire aussi Manifestations à Kenosha : deux morts, un jeune suprémaciste inculpé, Trump annonce des renforts

Seul un fonctionnaire fédéral tué à Oakland (Californie) a été évoqué nommément, sans dire non plus qu’il avait été tué par deux hommes associés à la mouvance d’extrême droite Boogaloo. « Nous aurons la loi et l’ordre dans les rues de ce pays pour tous les Américains de toutes races, croyances et couleurs », a promis Mike Pence, comme s’il n’était pas vice-président depuis plus de trois ans et demi.

« Born again »

Lors de la campagne de 2016, le gouverneur de l’Indiana, élu au Congrès de 2001 à 2013, assurait lors de ses meetings qu’il avait tout appris de la politique au côté de Donald Trump, entré dans la mêlée seulement un an plus tôt. Une déférence précoce qu’il n’a cessé de cultiver après son élection au poste de vice-président. Lors d’une réunion de cabinet, en décembre 2017, Mike Pence avait ainsi noyé le locataire de la Maison Blanche sous les compliments pendant une brève intervention de trois minutes, au rythme d’une flatterie toutes les douze secondes. Son discours de jeudi n’a pas dérogé à cette discipline.

Il vous reste 52.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *