Elections américaines 2020 : les sondages de nouveau mis en accusation – Le Monde

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Après les premiers résultats montrant que Donald Trump résistait mieux que ce qui avait été prévu par les intentions de vote, les complaintes les plus fortes sont venues, une fois n’est pas coutume, d’une partie de ces experts. « La profession de sondeur politique est terminée. C’est dévastateur pour mon industrie », a estimé Frank Luntz, un spécialiste républicain des mesures d’opinion, interrogé par le site Axios.

Les gens écoutent un discours du candidat démocrate américain Joe Biden du Delaware par des orateurs extérieurs à la Maison Blanche, alors que les votes continuent d’être comptés après l’élection présidentielle américaine àWashington, États-Unis, le 6 novembre

Mercredi, la critique médias du Washington Post Margaret Sullivan s’est montrée catégorique. « Nous pouvons être certains de certaines choses, a-t-elle assuré. Nous ne devrions plus jamais mettre autant d’importance dans les sondages d’opinion publique et ceux qui les interprètent, comme nous nous sommes habitués à le faire. L’outil qu’est le sondage semble être irrévocablement brisé, ou du moins notre compréhension du sérieux avec lequel nous devons le considérer. »

« L’avance prétendument imposante que Joe Biden a portée pendant des semaines n’a pas duré très longtemps mardi soir. C’était une piste, rappelez-vous, dont beaucoup prédisaient qu’elle pourrait entraîner une victoire écrasante, aider à rendre le Sénat aux démocrates et leur apporter des victoires incroyables dans des Etats rouges comme l’Ohio et la Floride », a-t-elle poursuivi, impitoyable, y compris avec son propre journal.

Anticiper la dynamique

La critique a été d’autant plus virulente que ce que Margaret Sullivan a considéré comme un fiasco est intervenu quatre années après une déroute cuisante : l’élection surprise de Donald Trump. Après avoir sous-estimé, en 2016, la capacité d’attraction du républicain à l’égard des anciens cols-bleus démocrates, les instituts de sondages sont considérés, en 2020, comme myopes par rapport à d’autres segments électoraux, notamment latinos, qui expliquent les bons résultats de Donald Trump en Floride et dans la vallée du Rio Grande, au Texas. Des sondages du Siena College pour le New York Times et du Marist College pour la chaîne NBC News avaient pourtant mis en évidence avant cette dernière élection un décrochage de Joe Biden par rapport à la candidate Hillary Clinton, quatre ans plus tôt.

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En 2016, rares avaient été les instituts de sondages à anticiper la dynamique qui allait porter Donald Trump à la Maison Blanche. Le fait qu’il soit un nouveau venu en politique, en dépit de sa notoriété, et que les dernières semaines de la campagne aient été marquées par une succession de révélations plaidait pour des circonstances atténuantes.

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