Elections américaines 2020 : en Arizona, l’avance de Joe Biden se réduit – Le Monde

Spread the love
  • Yum
De jeunes partisans de Donald Trump chantent l’hymne national américain devant le centre de dépouillement de Phoenix (Arizona), jeudi 5 novembre.

En 2000, la Floride avait ses confettis. Attachés ou plutôt mal détachés des bulletins de vote, ils avaient tenu en haleine un pays qui attendait de savoir qui de Al Gore ou George W. Bush avait gagné l’élection présidentielle. Vingt ans plus tard, Phoenix a ses « sharpies » : des marqueurs dont l’apparition dans les bureaux de vote lors du scrutin du 3 novembre est devenue le symbole aux yeux des trumpistes de l’élection que les démocrates, les médias et les réseaux sociaux essaient de leur « voler ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Elections américaines 2020 : Donald Trump s’enferre dans la dénonciation d’un complot électoral

Les « sharpies » sont des feutres – fin ou épais – généralement utilisés pour les adresses sur les colis ou les inscriptions indélébiles. A la surprise des électeurs du comté de Maricopa, le principal comté de l’Arizona, c’est l’instrument qui leur a été proposé quand ils se sont présentés pour voter en personne le 3 novembre. « J’avais apporté mon bic, relate Erica Howell, 34 ans, une cadre de l’e-commerce qui a voté dans la banlieue ouest de Phoenix. On m’a dit qu’il fallait utiliser un sharpie ». La jeune femme a tout de suite vu anguille sous roche. « Il y a quelques années je n’aurais pas fait attention. Mais maintenant j’ai du mal à croire quoi que ce soit ».

Suivre notre direct sur les élections américaines : En Géorgie, Joe Biden passe devant Donald Trump

Assis depuis le matin sur une chaise de camping, Hank Miller, un ancien de l’armée de l’air qui a « pris sa journée » pour venir protester devant le centre des élections à Phoenix, ne s’est pas remis lui non plus d’avoir du voter avec un sharpie, d’autant que l’encre a transpercé le papier. Les Etats-Unis étant un pays qui réglemente précisément les instruments d’écriture (pas d’examen sans crayon H2B), et déconseille les feutres qui bavent, le sharpie lui a paru suspect. « Les premiers qui sont allés voter ont eu des stylos-bille, assure-t-il. Et tout à coup, ils ont donné des sharpies. »

Sharpiegate

Partisans de Donald Trump protestant contre l’usage de marqueurs Sharpie au cours du scrutin du 3 novembre, à Phoenix (Arizona), jeudi 5 novembre.

Il n’en fallait pas plus pour déclencher ce qui a vite été appelé le « sharpiegate » : le soupçon que certains, dans les bureaux de vote avaient essayé d’invalider les bulletins républicains en les rendant illisibles par la machine. Mercredi, plusieurs centaines de personnes avaient déjà saisi le procureur général de l’Arizona, qui a réclamé d’urgence une enquête. Le Parti républicain a porté plainte contre le comté. Le Parti démocrate a dit qu’il voulait en être aussi…

La responsable des élections, la secrétaire d’État de l’Arizona, la démocrate Katie Hobbs, a expliqué que le recours aux feutres n’avait rien de mystérieux : les fonctionnaires avaient eux-mêmes diffusé une vidéo pour expliquer à quel point les marqueurs contribuent au bon déroulement de la démocratie. « L’encre sèche très vite ». Les questions étant imprimées en quinconce, il n’y avait par ailleurs aucune chance que les réponses soient illisibles.

Il vous reste 57.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: