Election présidentielle 2022 : à droite, le débat autour de la primaire tourne à la guerre des nerfs – Le Monde

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Affiche électorale de Valérie Pécresse pour sa campagne à la présidentielle, à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 28 août 2021.

C’est le sujet qui agite la droite en cette rentrée politique, à mesure que l’échéance du vote des militants approche. Prévu le 25 septembre, le congrès du parti Les Républicains (LR) devra trancher sur l’opportunité d’une primaire pour sélectionner un candidat unique à l’élection présidentielle de 2022. Source potentielle de divisions pour les uns, facteur de rassemblement pour les autres, des voix discordantes se font entendre avec en toile de fond une lutte pour le parti.

Lundi 30 août, c’est l’ancienne garde des sceaux Rachida Dati qui a remis en cause le bien-fondé d’un processus de sélection dans un entretien au Parisien appelant à « fermer l’hypothèse de la primaire » : « Ce qui me frappe, c’est que l’on n’apprend pas de notre expérience et de nos erreurs passées concernant la primaire : les haines, les divisions, les frondes. » Un avis partagé au sein de la direction du parti, où l’hypothèse n’a jamais été réellement soutenue avec, dans toutes les têtes, le précédent de 2016 et la désignation de François Fillon qui s’est terminée par la défaite à la présidentielle de l’ancien premier ministre, pris dans les affaires judiciaires, et par l’explosion du parti.

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« Le processus qui amène des femmes et des hommes politiques à s’opposer lors d’une compétition dans un pays où les bases politiques ne sont absolument pas consensuelles rend les choses compliquées », analyse Jean-François Copé, membre du bureau politique, qui ne verrait pas de pire scénario qu’un nouvel affrontement organisé entre ténors de la droite.

« Je suis là pour gagner »

Pour Damien Abad, président du groupe LR à l’Assemblée nationale et soutien de Xavier Bertrand, les circonstances diffèrent encore de 2016 : « La grande différence par rapport à la dernière élection présidentielle, c’est que notre camp n’a pas le statut de favori, mais, au contraire, de challenger. » Une amicale pression sur les instances de LR avant un vote crucial dans l’éventualité où la droite ne parviendrait pas à un accord d’ici à la fin de septembre. La décision sur le processus de sélection reviendrait donc aux adhérents et militants, alors que la primaire est toujours inscrite dans les statuts.

« Il y a un faux-semblant sur le départage », confiait, samedi 28 août à Brive (Corrèze), un stratège de la campagne de Valérie Pécresse, candidate à une primaire. La présidente d’Ile-de-France faisait sa rentrée en Corrèze au nom de son mouvement Libres ! L’occasion d’envoyer quelques signaux aux responsables de LR : « Parce que c’est ma nature, je jouerai toujours collectif. Mais parce que c’est mon devoir, je préfère prévenir : je suis là pour gagner », a-t-elle averti lors de son discours de clôture. « Il s’est passé beaucoup de choses pendant l’été. Le fait que ni Laurent Wauquiez ni Bruno Retailleau ne soient candidats a affaibli l’idée d’une primaire », avance ce même soutien, inquiet de l’offensive à venir. « C’est clair que Christian Jacob n’a jamais voulu d’une primaire. »

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