Election américaine : comment expliquer la “remontada” démocrate après des premiers résultats favorables aux r – franceinfo

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Une nuit rouge et une matinée qui vire au bleu. Le camp de Joe Biden semble avoir retrouvé de l’espoir pour une victoire à l’élection présidentielle américaine, mercredi 4 novembre, après une première phase plus favorable à Donald Trump. Plusieurs Etats décisifs ont vu leurs courbes se rapprocher, voire se croiser, au fil des heures. C’est le cas du Michigan, du Wisconsin et du Nevada, où les démocrates sont repassés devant les républicains dans la journée.

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Ce revirement a suscité l’ire du président des Etats-Unis, qui a mis en doute la sincérité des derniers bulletins dépouillés, sur Twitter. Pourtant, ce “red mirage” (“mirage rouge”) dans la nuit suivi d’un “blue shift” (“décalage vers le bleu”), avait été anticipé par de nombreux observateurs. Franceinfo vous explique ce phénomène qui pourrait faire basculer l’élection.

Un vote par correspondance massif

La vague de vote par correspondance a bien eu lieu aux Etats-Unis. En raison de la pandémie de coronavirus, quelque 63,9 millions d’électeurs américains ont décidé de ne pas se rendre en personne dans les bureaux de vote, mais ont préféré envoyer leur bulletin par la poste. Il faut dire que de très nombreux Etats avaient ouvert et élargi la possibilité de voter à distance. Ce record absolu de votes par correspondance, qui représentent environ 40% de l’ensemble des bulletins de vote enregistrés, pèsera très lourd dans les résultats finaux.

Des votes comptabilisés très tardivement…

Cet afflux de vote par correspondance a provoqué quelques embouteillages dans certains Etats. D’autant que dans plusieurs “swing states” comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, le comptage de ces bulletins n’a pu légalement commencer que le 3 novembre. Dans certains Etats, il devrait donc s’étaler sur plusieurs jours après l’élection.

Ouvrir les enveloppes, scanner ces bulletins… Tout cela prend beaucoup de temps. A Philadelphie (Pennsylvanie) par exemple, seuls 76 000 des 350 000 bulletins de vote par correspondance ont été traités dans les premières 14 heures du dépouillement. Les résultats définitifs de cet Etat clé du nord-est des Etats-Unis ne devraient être connus que jeudi 5 novembre, selon les autorités, citées par le New York Times.

Ces délais ne sont pas une surprise : ce sont les législateurs de ces Etats, majoritairement républicains, qui ont imposé ces règles restrictives, empêchant un comptage anticipé des votes par correspondance comme cela se pratique dans de nombreuses autres circonscriptions.

Et ce n’est pas fini ! Ces délais pourraient être encore rallongés si la justice s’en mêle. En Pennsylvanie par exemple, la Cour suprême avait déjà été saisie par les républicains pour empêcher le décompte des bulletins postés avant mardi soir mais qui arriveraient dans les trois jours suivant l’élection. La haute juridiction avait refusé de se prononcer en urgence. Si le résultat est serré, elle devra examiner le fond du dossier et dire s’il faut invalider ou non les bulletins arrivés entre mercredi et vendredi.

Et très favorables aux démocrates

Cet afflux de bulletin et le temps de dépouillement à rallonge semblent donc bien avoir provoqué le “blue shift” de mercredi. Ceci pour une raison simple : les votes par correspondance sont très majoritairement favorables aux démocrates.

Si Donald Trump totalisait plus de 500 000 voix de plus que son rival en Pennsylvanie, mercredi en début d’après-midi, cette avance pourrait vite fondre après la prise en compte de bulletins envoyés par courrier. Ceux déjà comptés étaient à 78% pour Joe Biden !

C’était attendu : pendant toute la campagne, les équipes de Biden n’ont pas ménagé leurs efforts pour encourager le vote par correspondance. A l’inverse, Donald Trump et ses équipes ont tout fait pour dissuader les électeurs d’utiliser ce mode de scrutin, accusé, sans fondement, de favoriser la fraude, et lui préférant le vote anticipé en personne. Ce décalage des résultats en faveur des démocrates laisse la porte ouverte à de nombreux recours des républicains, qui ont déjà lancé la charge, au lendemain de l’élection.

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