ÉDITO – Pourquoi Jean Castex parle maintenant “d’allègement” plutôt que de “déconfinement”? – BFMTV

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Selon notre éditorialiste politique Matthieu Croissandeau, avec ce changement sémantique, le gouvernement souhaite désormais éviter de créer un effet d’attente chez les Français.

Jean Castex n’a pas surpris. Lors de sa conférence de presse organisée ce jeudi en fin de journée, le Premier ministre et ancien “monsieur déconfinement” d’Emmanuel Macron a assuré que le confinement restait “inchangé” au moins jusqu’à début décembre et que passé cette date, un allégement de ces mesures était envisageable.

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Ne plus “créer un effet d’attente”

Cependant, un élément fondamental a surpris bon nombre d’observateurs et a permis d’illustrer un certain changement de cap du gouvernement, l’utilisation de ce terme, “allégement”, plutot que celui de “déconfinement.” Pour l’éditorialiste politique de BFMTV Matthieu Croissandeau, cette utilisation est également une manière pour l’exécutif de se protéger

“Le mot de déconfinement n’a pas été utilisé, il a été remplacé par allégement qui a été mis au conditionnel: ‘il pourrait y avoir un allégement pour les commerces, pour Noël’, on n’y est pas du tout. (…) Le gouvernement ne veut plus se mettre dans une seringue, ne veut plus créer un effet d’attente comme l’avait fait Emmanuel Macron qui avait dit on se revoit en novembre “, explique-t-il.

Comme note encore Matthieu Croissandeau, en ce qui concerne l’après 1er décembre, là encore le conditionnel est utilisé. Toutefois, le discours de Jean Castex permet de comprendre sur quels critères les nouvelles décisions seront prises.

“On est encore au conditionnel. La situation sanitaire a beau évoluer, il n’y a qu’un indicateur qui compte a dit Jean Castex, c’est le nombre d’admissions à l’hôpital ou en réanimation. Vous oubliez le nombre de contaminations, vous oubliez le fameux R, c’est son seul indicateur. On a cru que le confinement sera light, en fait il sera long”, ajoute-t-il.

Ne pas répéter les erreurs du passé

Le changement de stratégie du gouvernement est également visible dans sa volonté de ne pas reproduire les erreurs du passé, notamment celles du premier déconfinement le 11 mai dernier. “La stratégie du gouvernement a changé parce que je pense qu’il n’y aura pas de déconfinement tel quel”, estime Matthieu Croissandeau. “Quand on met le pays sous cloche et qu’on lève la cloche, il se passe ce qu’il s’est passé cet été, quand on décide de faire une grande discipline après il y a un grand relâchement.”

“Plutôt que de tout arrêter et de tout faire repartir, on appelle ça le stop and go, on va faire du pilotage de précision au jour le jour, à la semaine à la semaine. Jean-François Delfraissy (le président du Conseil scientifique, NDLR) avait donné un indice, il avait dit qu’il y aurait peut-être une levée du confinement temporaire au moment de Noel, mais il y aura un couvre-feu en janvier”, décortique notre éditorialiste.

En conclusion, ce dernier s’est également intéressé à la manière dont les Français vont accepter ou non les mesures qui seront annoncées dans les semaines à venir.

“C’est un des enjeux de ces conférences de presse, faire de la pédagogie. Il y a deux choses qui marchent, faire baisser le virus et faire comme les pays asiatiques – ‘tester tracer isoler’ – on n’y est pas. En attendant la grogne monte chez les commerçants, restaurateurs, complotistes. Castex a eu une phrase, ‘l’ennemi ce n’est pas l’état ni le gouvernement, mais le virus’, c’est un rappel en forme d’évidence mais sûrement nécessaire.”

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